‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 85 sur 243 · DU PLAN ENVOIE DES LIVRES DE PIÉTÉ · texte numérisé non relu

DU PLAN ENVOIE DES LIVRES DE PIÉTÉ

Pour suppléer à l'absence de pasteurs, Antoine Court deniandait instamment des livres de piété. Les Bibles et les psaumes avaient été brûlés et la privation du livre divin était une des plus grandes souffrances infligées aux huguenots par leurs persécuteurs. N'étaitil pas le compagnon inséparable de leur vie, l'ami qu'ils consultaient tous les jours, la source intarissable de leurs consolations, de leurs espérances et la seule base de leur foi? Cette privation entraînait d'autres graves inconvénients. « Privés de ce livre qu'ils, croyaient divinement inspiré et auquel ils en appelaient comme au seul maître, les protestants pouvaient, en s'abandonnantaux rêveries de !i ur imagination, tomber dans un mysticisme dangereux. Ne conversant plus avec la Bible, il était à redouter qu'ils voulussent converser directement avec Dieu. Crainte nullement chimérique. Déjà on pouvait entendre exposer de bizarres théories sur l'Inspiration (1). »

Le pays était trop pauvre pour acheter des livres; du Plan se mit à collecter dans ce but à Genève auprès de ses amis, et, lorsque la somme était insuffisante, il lui arrivait souvent d'y subvenir par ses propres ressources. Les livres achetés étaient des Testaments et des psautiers — des Testaments surtout — puis des ouvrages de morale, des traités sur la Cène, les catéchismes de Drelincourt, d'Osterwald, de Superville ou de Saurin, le Préservatif contre la corruption ou Traité des sources de la corruption, par Osterwald ; l'Indifférence des religions, par Pictet, ou bien encore la Manne mystique du Désert, h Morale ôe Pictet et sa Théologie, les Sermons de

(1) Ed. Hugues, déjà cité, t. I. p. 50.

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