CONFEDERATION DES ÉGLISES
grand intérêt : il s'agissait de la confédération des Églises du Dauphiné et du Vivarais avec celles du Languedoc. On sentait qu'il fallait grouper toutes les forces disséminées pour mieux faire face aux coups de la persécution. Dans ce but, Roger, qui avait accompli dans le Dauphiné la même œuvre de restauration qu'Antoine Court avait accomplie dans le Languedoc, avait réuni un Synode en juin 17'25. Il fut décidé que toutes les Églises adopteraient les mêmes règlements que les Églises du Languedoc en signe de parfaite et éternelle union. Toutefois, il fut bien observé que celte déférence n'impliquait aucun aveu d'infériorité et que le Languedoc, en prenant l'initiative de cette mesure, ne pourrait en aucune façon aspirer à une forme quelconque de domination. C'est dans ce sens que l'avaient compris les frères de Genève.
« On a raison, continue Court, d'expliquer favorablement les termes les plus forts et ceux qui paraissent même le plus absolus, soit dans nos règlements, soit dans la lettre synodale aux Églises du Vivarais et du Dauphiné. Nous ne sommes pas assez amis du superbe et aveugle Vatican pour adopter ses maximes ni pour imiter sa conduite. Grâce à tes miséricordes, ô mon Dieu, nous sommes instruits dans une école où nous avons appris que celui qui est estimé le plus grand doit être le serviteur du plus petit. A Dieu ne plaise de prétendre établir au milieu de nous une autorité que Jésus-Christ, notre divin Maître, prit tant de soins de bannir du milieu de ses chers apôtres. Nous désapprouvons et condamnons tout ce qui en a le moins d'apparence et nous consentons avec plaisir de réformer jusques au moindre terme qui se trouvera sentir à un principe si condamnable (1). »
(1) Ibidem.