‹ Benjamin Escande, missionaire au Sénégal et à MadagascarChapitre 12 sur 45 · TRAVAIL MISSIONNAIRE A PARIS · texte numérisé non relu

TRAVAIL MISSIONNAIRE A PARIS

je dirai même que lorsque je suis plongé jusqu'aux oreilles dans le g*rec, dans l'hébreu, ou dans l'histoire soit de la Babylonie, soit de la Palestine, soit de l'Europe, j'éprouve un charme très prononcé.

3 mars 1888.

J'ai remarqué que si on ne fait qu'effleurer les études de théologie, plus ou moins comme un amateur, elles semblent ennuyeuses et stériles, mais qu'au contraire elles sont du plus grand intérêt quand on les saisit corps à corps.

2 avril 1887.

Voici la moitié de mes études à la Maison des Missions achevée. Encore un an et demi et c'est fini. Oh ! comme cela va vite ! Certes je ne me plains pas. Au contraire il me tarde que ce travail préparatoire soit terminé, pour me mettre résolument à mon œuvre définitive. Je calme mon impatience en me disant que ce temps d'études est indispensable pour mon activité future. Il est comme le fondement sur lequel je construirai plus tard.

A ce propos nous sommes toujours sur le qui-vive, malgré notre impatience. Où nous enverra-t-on ? On en parle chaque fois dans le Comité, on ne résoud jamais la question. M. Bœgner m'a dit que je devrais me dédoubler, et que l'on m'enverrait en hâte au Sénégal et au Congo. Mais comme je ne vois pas le moyen de cela faire, ce sera probablement le Sénégal qui m'aura.

Mon école de la rue Saint-Dominique est une œuvre extraordinairement difficile, mais qui me donne cependant des encouragements. Elle est située dans le quartier catholique par excellence de Paris. La salle est au n° loo; le n° 92 est l'école des frères; le n^ 94 est l'église; le n° 96 est le cercle catholique d'ouvriers. Jugez si la lutte est acharnée. Les catholiques n'entendent pas perdre une seule de leurs pratiques. Je dis pratiques à dessein, car on paie ces braves g"ens pour les retenir dans le giron de l'Eglise romaine. Dès qu'on a su l'ouverture d'une école du dimanche à deux heures, les catholiques se sont empressés de mettre un patronage juste à deux heures. Il a donc fallu faire quelques visites dans les familles. L'autre dimanche, après l'école, je prends Christeller (élève missionnaire des Batignolles) pour m'aider. Mais à peine étions-nous sortis, qu'une bande de gamins se met à crier : « Enlevez-les ! » et à nous escorter pendant quelques minutes. Je me retourne pour leur sourire, cela ne les désarme pas. Nous nous mettons en mesure de les dépister, puis quand nous les croyons disparus, nous retournons par un autre chemin pour visiter une famille dont j'avais l'adresse. A peine étions-nous engagés dans un long passage solitaire (presque un couloir), que nous apercevons nos gavroches déboucher à l'extrémité opposée, levant les bras au ciel : « Les voilà! ha ! les voilà ! » — Puis, quand nous sommes dans la maison, ils se rassemblent devant la porte en faisant un bruit infernal. Nous redescendons, et avant qu'ils aient pu fuir, j'en prends un, le chef de la bande, par le menton, et lui dis gentiment : « Tu crois donc que

UN WOLOF

« ou SERAI-JE DANS UN AN ? »

nous te voulons du mal pour courir ainsi après nous ? » Cette parole fit l'efFet d'un tonneau d'huile sur des flots en furie. Nous pûmes nous retirer sans nouveaux quolibets. J'espère avec le temps, la patience, la persévérance et l'amour, affermir et développer cette œuvre naissante.

Maison des Missions, 102, boulevard Arago, Paris, 22 novembre 1887.

Ma dernière année va passer comme par enchantement. D'abord on est si bien dans cette nouvelle maison. Rien d'extraordinaire, mais tout y est de bon g'oût, bien aménagé. Nous sommes toute une troupe : six nouveaux venus ont porté notre chiffre à neuf.

Je suis sûr que ma chambrette te plairait avec sa grande glace, sa larg-e fenêtre, et sa vue sur le jardin. Quant à moi, j'y coule des heures délicieuses.

Il est vrai que l'espoir aide à supporter bien des choses, et mon espoir à moi vient de cette pensée que dans quelques mois, mes études préliminaires seront achevées. Je pense que je partirai dans un an. En tous cas la date n'est plus bien éloig'née. H y a bien des chances pour que je sois envoyé au Sénégal. Je vois avec plaisir que le Comité song-e à s'occuper de ce champ de travail trop long-temps délaissé. Tu as sans doute entendu parler de Brandt, l'instituteur qui vient de partir pour Saint- Louis. Le Comité vient d'en admettre un autre qui partira en janvier avec M. et M^® Jean Morin, et qui ira occuper le poste de Kerbala ^

^ Cet instituteur n'est pas resté au Sénég-al,

7 décembre.

Merci pour ta bonne lettre et celle de S. reçues hier, le jour de mon anniversaire. Merci pour les vœux que vous formez pour moi. Je sens combien l'année où je suis entré est importante pour moi. M. Bœgner y a fait allusion dans la prière du matin et dans celle du soir. M. J., en me félicitant le matin, me disait : « Où donc célébrerez-vous votre jour de naissance l'année prochaine? Au Sénégal, au Gong-o, ou ailleurs ?»

C'est, en effet, pendant cette année que mon sort va se décider, que mon champ de travail va être choisi. Je n'ai pas beaucoup de craintes à cet ég-ard-là, car où que l'on m'envoie, pourvu que ce soit en Afrique, peu m'importe. L'essentiel est que je sois un fidèle témoin de l'Evang-ile et que je glorifie Dieu à la place qu'il m'aura assignée. Je me réjouis de cette perspective prochaine, mais je m'applique d'autant plus à utiliser toutes les minutes de la journée.

Il y a quinze jours nous avons commencé des leçons de médecine qu'un jeune docteur vient nous donner ici. Outre la théorie, nous faisons un peu de pratique. Le lundi matin nous allons assister à la clinique de l'hôpital Gochin qui est près de la maison. Le jeudi matin nous allons à Saint-Antoine suivre celle du D'' Charles Monod. Je prends un plaisir extrême à ces leçons. Cependant ce que nous apprenons, je le sais, est relativement peu de chose, mais nous acquérons des notions générales. La pratique se chargera de compléter notre éducation.

(c j'irai au SÉNÉGAL. » 5 I

3o avril 1888.

Je suis heureux de me sentir aimé, soutenu, de savoir que je ne suis pas seul à lutter, à travailler, mais qu'autour de moi, loin de moi, même, il y a des amis qui pensent à moi et qui m'encouragent de leurs vœux et de leurs prières. Je sais, g-ràce à Dieu, qu'à Mazamet ces amis sont nombreux, et cela me fait du bien. A mesure que j'approche de mon départ, je sens vivement mon insuffisance, et j'ai bien besoin que Dieu manifeste sa force dans ma faiblesse.

Ce fut à cette époque que le Comité désig-na définitivement le champ de travail assig-né à Benjamin Escande. Ainsi qu'il le prévoyait, c'est au Sénég-al qu'il fut destiné. Malo-ré toutes nos recherches, nous n'avons pu trouver aucune trace de ses impressions, soit au moment de cette sérieuse décision, soit au moment de sa consécration. Cette çrrande lacune provient de ce que la plupart des lettres de la période des études ont été détruites.

Les récents malheurs survenus dans la mission du Sénég-al, la mortalité causée par le climat dans cette colonie, inspirèrent quelques inquiétudes à la famille de Benjamin. Celui-ci, plein de confiance en ses directeurs, et connaissant de près les conditions réelles de son futur champ de travail, répondit aux ohservations des siens avec calme et courag-e. On remarquera la prudence exempte de faiblesse qui le caractérisait, et qui éclate dans cette lettre tout intime.

20 mai.

Les conseils que tu me donnes, ou plutôt les réflexions dont tu me fais part au nom de mes parents sur les précautions que je dois prendre en vue de mon œuvre future, ou sur le délai que je dois demander au Comité, m'ont un peu étonné. Persuadez-vous bien d'une chose, c'est que le Comité n'a aucune envie d'envover ses

hommes sur la terre sénégalaise pour y mourir, et qu'il fera tout ce qui dépend de lui pour éviter les catastrophes des dernières années. On a, du reste, singulièrement exagéré l'insalubrité du Sénégal. Sierra- Leone, le Congo, sont des climats bien plus malsains. Seulement nos missionnaires qui sont morts sur la côte du Sénégal, ou bien ont commis des imprudences, ou bien ont négligé les règles les plus élémentaires de l'hygiène. Golaz et sa femme, à peine arrivés, ont succombé à la fièvre jaune qui avait été apportée des Antilles, car elle n'existe pas au Sénégal. Grâce à des précautions, grâce à un retour en France tous les deux ou trois ans, on peut vivre et travailler au Sénégal, à moins que Dieu nait besoin de notre mort pour réaliser ses desseins. Si donc je partais en janvier prochain, je resterais probablement au Sénégal jusqu'en avril ou mai 1890. Il me semble, et il vous semblera aussi que sous le rapport de la prudence, nous n'avons rien à nous reprocher.

Quant à l'époque de mon départ, je vous en supplie, ayez confiance en nous. J'ai parlé et reparlé de mes plans à M. Taylor ^ Nous avons tout combiné ensemble, et il m'a donné de précieuses indications. La médecine est évidemment utile, mais non indispensable. Avec ce que j'ai fait et ce que je ferai encore j'aurai un petit fonds que je pourrai utiliser. Ce dont j'aurai besoin, ce sera de connaître très exactement les maladies spéciales de ces climats chauds, quatre ou cinq, pas davantage, et les remèdes à employer. Voilà l'essentiel. Si une

^ Directeur de la mission du Sénégal, à cette époque en cong-é en France. M. Taylor est de la race nègre des Akous.

ARRIVÉiE A LONDRES.

grave maladie se déclare, je fais appeler un des nombreux médecins de la marine qui sont échelonnés depuis Sainl- Louis jusqu'au Niger, à moins que je n'aie Jean Morin auprès de moi —

Ainsi que cela se pratique habituellement pour les élèves missionnaires, on chercha une sufï"ra2;ance à confier à Benjamin avant qu'il partit pour son champ de travail. C'est ainsi qu'il fut chargé de la suffrag-ance de l'Eglise réformée évang-élique française de Londres, pendant une absence de son pasteur, M. du Pontet de la Harpe.

Londres, 3i juillet 1888.

Vous attendez sûrement que je vous donne des nouvelles de mon voyage et de mes débuts à Londres. Hélas! celles qui concernent ma traversée sont loin d'être satisfaisantes. Je désirais avoir un peu le mal de mer pour pouvoir en parler en connaissance de cause. Si j'avais su ce que c'était, je n'aurais jamais formé un vœu aussi imprudent. J'ai honte de moi-même quand je pense à la conduite que j'ai tenue sur le navire. Il faut

dire que nous avions un temps épouvantable

J'arrivai à Londres le samedi à trois heures, brisé, moulu. Il me fallut aussitôt songer à mes services du lendemain. En débarquant, j'avais appris que M. du Pontet venait de perdre un de ses enfants. Je ne pouvais faire autrement que d'approprier mes deux prédications à cette douloureuse circonstance, devant ainsi mettre de côté mes sermons déjà préparés. Mais il m'était absolument impossible de retenir deux mots de mon sermon. De g*uerre lasse je me laissai vaincre et m'endormis. Dieu qui avait vu ma bonne volonté m'a merveilleusement soutenu le matin et le soir.

BE.NJAMIN ESCANDE.

Lundi, M. du Pontet a voulu que je fisse un service funèbre à la maison. C'était mon début dans cette partie du ministère évang-élique, j'aurais voulu qu'il fût moins difficile. Toutefois je me suis exécuté, et comme j'ai surtout laissé parler mon cœur, cela m'a semblé moins difficile que je ne l'avais d'abord supposé.

Il nous a paru intéressant de mettre en reg-ard de ce passage, et comme en réponse, le témoignag-e rendu à B. Escande par celui qui était le mieux placé pour apprécier l'allocution prononcée à ce service. M. du Pontet de la Harpe nous écrivait au mois de juillet 1897 :

(( Lorsqu'il était étudiant à la Maison des Missions, M. Escande m'a remplacé un été pendant mes six semaines de vacances. Il est une circonstance douloureuse qui fera que son séjour dans notre Eg-lise ne sera jamais oublié. Il est arrivé chez moi au moment du départ de mon bienaimé fils Armand, redemandé par le Seigneur à l'àg-e de seize ans et demi. M. Escande nous était alors parfaitement étrang-er. Il présida le service funèbre à la maison. Il aurait perdu un frère et il aurait eu une long-ue expérience pastorale, qu'il n'aurait pu mieux parler. Son cœur sympathique et profondément chrétien lui dicta ce qu'il fallait dire. Nous ne l'oublierons jamais. »

23 août.

Je n'ai pas précisément à me plaindre de la

famille qui m'héberge, ils sont tous très complaisants. La fille aînée, qui est institutrice, me fait lire de temps à autre. Mais c'est une vie monotone ; il faut toujours être sérieux : c'est fatigant. Je sens que je m'engourdis dans ce milieu ; les enfants me manquent, j'aimerais en avoir autour de moi pour courir et sauter avec eux. Mon tempérament méridional coule ici entre des rives trop resserrées. Oiseau du Midi, je sens que je dépérirais vite ; mais bientôt je prendrai mon vol vers le beau ciel du Lang-uedoc.

CONSÉCRATION ET DKPART.

A M. Kriiger, professeur de la Maison des Missions de Paris.

3i août.

Merci de m'avoir parlé à cœur ouvert et de m'avoir signalé avec tant de franchise les écueils particuliers contre lesquels je dois plus spécialement me tenir en garde... Si j'ai à remercier Dieu des bénédictions qu'il n'a cessé de répandre sur moi, j'ai surtout à m'humilier devant lui pour toutes mes infidélités, mes inconséquences, pour tout ce qui, dans ma conduite et dans mes paroles, ne lui a pas rendu gloire. Je lui demande de me tenir dans l'humilité, et de se servir de moi, comme d'un instrument docile, pour l'accomplissement de ses desseins.

— Vous avez réussi à me faire aimer mes études théologiques ; vous m'avez inspiré une telle confiance, que j'ai abordé sans hésitation l'étude de problèmes redoutables pour une foi mal affermie. Grâce à Dieu, grâce à vous aussi, ma foi n'a pas été ébranlée, et si mes vues se sont modifiées sur la façon d'envisager la Bible ou de comprendre Jésus-Christ fait homme, la Bible m'inspire le même respect, Jésus-Christ la même confiance qu'autrefois, et c'est bien avec ces armes, que vous m'avez appris à mieux connaître, que je veux aller faire la guerre au paganisme africain . Soyez assuré que vos bienfaits n'ont pas rencontré en moi un cœur ingrat, et que je me féliciterai toute ma vie d'avoir été l'un de vos trois premiers élèves.

BENJAMIN ESGANDE.

Après ces six semaines de suffrag-ance, à Londres, et un petit séjour au sein de sa famille, B. Escande revint à Paris pour mettre la dernière main à sa préparation. On pensait que sa consécration aurait lieu en janvier 1889, en même temps que celle de MM. Teisserès et AUég-ret, (( avec lesquels, comme il le disait, il avait passé six des plus belles années de sa vie. » Mais les événements se précipitèrent; on avait besoin de lui au Sénégal. Ses amis se trouvaient encore à Edimbourg-, lorsque le Comité se vit obligé de le faire partir sans retard, en même temps que M. Brandt, l'instituteur de Saint-Louis, revenu en France pour remettre sa santé, et qui ramenait avec lui sa jeune femme.

La consécration de Benjamin eut lieu à Paris le 27 novembre de cette année 1888, au temple de l'Oratoire. C'est MM. Bœg-ner et de Pressensé qui prononcèrent soit le discours de consécration, soit les paroles d'adieu et d'exhortation au jeune partant.

Enfin Benjamin quitta Paris le 4 décembre, accompag-né de M. Bœg-ner. Des réunions eurent lieu à Mazamet le 6 décembre, et à Bordeaux le 8. Le Joiimal des Missions a donné le récit de la cérémonie de consécration, et de ces réunions d'adieux.

Le bateau de commerce, le Condé, sur lequel nos amis devaient effectuer leur voyage, eut quelques jours de retard : ce n'est que le 16 décembre qu'il leva l'ancre

Le palais du gouverneiiieiU à Saint-Louis, vu de la maison de l£f mission.

Traversée. — Installation. — Premières impressions : le pays, les habitants. — Entrée en activité : élude des langues, piédications françaises, œuvre pastorale. — Premier voyage à Kerbala

En mer. i6 décembre 1888.

Enfin le grand jour du départ est venu. A deux heures et demie nous descendons sur le quai d'embarquement. Le soleil brille dans tout son éclat. Peu à peu la foule des curieux s'augmente en même temps que celle des amis. A trois heures et demie on ouvre les écluses, nous montons sur le navire. Un dernier baiser ou une dernière poig-née de main, puis, quand le coude du quai nous a caché les chapeaux et mouchoirs qui s'agitent sur le rivage,... plus personne autour de nous, nous nous sentons seuls sur ce vaisseau qui glisse sur les eaux tranquilles du fleuve (Journal.)

lîENJAMLN ESCANDE.

22 décembre.

Voici cinq jours où, moi et mes compag-nons, avons su ce que c'est que le mal de mer. Aujourd'hui il semble que nous allons avoir un peu de répit : les vents sont tombés, la mer est moins forte. Madame Brandt et moi, nous nous tenions à l'arrière du navire pour humer l'air frais du matin. Pour la première fois. Madame Brandt (dont je ne saurais assez faire l'éloge) éprouve un moment de défaillance : elle pense tristement au pays qui s'éloig-ne toujours plus derrière l'horizon. Alors j'entonne le beau cantique :

O chrétien voyageai^, ne crains pas la tempête....

et le courage lui revient aussitôt. (Journal.)

23 décembre, dimanche.

Je ne saurais dire combien nous avons joui de cette journée. Nous sentions que nos parents et amis pensaient tout particulièrement à nous dans ce jour de dimanche, et cette pensée nous communiquait une joie vraiment extraordinaire. La grande nature était dans toute sa beauté. Le ciel, strié de légers nuages roses, mariait son bleu pâle au bleu plus foncé de la mer; chacune des vagues formées par le sillage, étendait sur la précédente une blanche robe toute frangée de mousseline ; des troupes de goélands aux larges ailes^ voletaient au-dessus du navire, ou, fatigués, se laissaient reposer sur les flots ; il semblait, dans ce recueillement

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