JE SUIS HEUREUX
suivre. J'ai trouvé ici bon nombre d'Européens, mais ils semblent à peu près tous ig-norer la pudeur et la moralité. Cela rend l'œuvre de la mission extrêmement difficile. Si notre mission du Sénégal doit avoir un pied-à-terre à Saint-Louis, ce n'est pas là qu'elle doit se développer, mais dans l'intérieur. Cependant, j'ai eu la joie d'inaugurer dimanche dernier la série de mes prédications françaises avec un bon petit auditoire. Je suis persuadé qu'il doublera quand le temple sera construit. J'aime à croire que Dieu bénira nos efforts, et qu'ils contribueront, pour une petite mesure au moins, à l'avancement du règne de Jésus-Christ.
ler février.
Journée consacrée à mon sermon. Je me suis senti soutenu par Dieu ; ce que je lui demande, c'est qu'il puisse faire quelque bien dimanche. Nous commençons un nouveau mois ; les jours passent vite. Oh ! comme on voudrait faire davantage pour l'œuvre de Dieu ! (Jownal.)
6 fé^Tier.
Voici déjà cinq semaines que je suis sur le continent africain, et jusqu'ici je suis satisfait de ma nouvelle vie. Les bénédictions de Dieu qui reposaient sur moi en Europe, m'ont suivi sur la terre d'Afrique. Oh ! si papa et maman pouvaient, un quart d'heure seulement, se transporter dans ma petite demeure, comme ils seraient enchantés et réjouis! Ne regrettez jamais de m'avoir
donné à la mission du Sénégal ; soyez heureux, au contraire, de l'honneur que Dieu m'a fait en m'appelant dans ce champ difficile. Si Dieu le veut, il me conser- Axra la santé, la vaillance, comme il l'a fait jusqu'ici...
A Madame Bœgner,
6 février.
J'aimerais que vous puissiez voir mon nouveau logement, je suis sûr que vous en seriez enchantée. D'abord il est neuf, ce qui exclut, au moins pour le moment, la présence des rats et des araig-nées ; ensuite sa proximité du fleuve permet à la plus lég-ère brise d'arriver jusqu'à moi.
Quant à mes repas, j'ai trouvé un restaurant où, pour i4o francs par mois, je suis très bien servi. Je suis consterné de la cherté de ma pension, mais on ne trouve pas mieux ici. Ce qui me manque, dans la nourriture, ce sont les lég'umes qu'on trouve en très petite quantité à Saint-Louis. Des oig"nons, des radis, des choux, des navets, des haricots, et c'est à peu près tout. Il faut bon g-ré mal gré se rattraper sur la viande. Depuis une dizaine de jours je me fais apporter mon déjeuner de midi afin d'éviter le soleil de cette heure-là qui est très mauvais. Ces petits nepas sont bien un peu trop silencieux, mais enfin je m'y habitue. Le soir je suis trop heureux de sortir et je vais dîner à mon restaurant.
Votre sympathie relative à la participation que je prends aux travaux du ménage m'a touché. Depuis