‹ Benjamin Escande, missionaire au Sénégal et à MadagascarChapitre 30 sur 45 · FOI DANS L AVENIR · texte numérisé non relu

FOI DANS L AVENIR

peau beaucoup plus épaisse, et beaucoup moins sensible que nous.

1 1 décembre.

A l'inverse d'hier, j'ai passé une excellente journée. J'ai commencé par lire le Syllabus, puis je me suis préparé au sermon que je dois faire pour Noël, par quelques heures de prière et de communion avec Dieu. Vers six heures, mon texte s'est tout à coup présenté à moi avec ses riches développements : Esaïe XL VII, i5 : « Une femme peut-elle oublier son enfant qu'elle allaite, et n'avoir pas pitié du fils de ses entrailles ? Mais quand elle l'aurait oublié, encore ne t'oublierai-je pas, moi, dit l'Eternel. » (Journal.)

17 décembre.

... Nous avons pour nous le Dieu des armées, et au moment critique, nous savons « lever les yeux vers les montagnes d'où descend le secours »... Au-dessus des hommes il y a Dieu, et ce ne sont pas nos fautes à nous qui empêcheront Dieu quand il le voudra de manifester sa gloire. Et c'est pourquoi, malgré les difficultés présentes, je ne cesse de croire que notre mission verra bientôt lever pour elle des jours glorieux.

Inondation de Kayes (Sénégal).

Congé retardé. — Instituteur et agriculteur. — Voyage sur le Haut-Sénégal. Arrivée de M. Bœguer.

ler janvier 1890.

Nous avons inauguré l'année par une réunion des membres de l'Eglise, où nous nous sommes mutuellement recommandé le travail, la propagande en faveur de notre petite œuvre.

Nous commençons l'année avec bien des préoccupations sur le cœur. Moi-même reviendrai-je en

France ? Que de questions sérieuses, je dirais même

angoissantes, si je ne savais que la bonne main de notre Dieu sera avec nous et nous conduira. (Journal.)

6 janvier.

Les fêtes de Noël et de nouvel-an sont déjà loin der-

rière nous. Je voudrais vous raconter en détail les réjouissances des indigènes, la veille de Noël. Le spectacle était des plus pittoresques ; on a promené dans les rues de grandes maisons, des châteaux, une tour Eiffel de huit mètres de haut, tout cela tapissé de papiers multicolores artistement découpés, tout cela, également, brillamment illuminé par des bougies placées à l'intérieur. On faisait tout autour un vacarme à vous briser le tympan : les griots battaient du tam-tam, les femmes chantaient en frappant des mains, les pétards vous éclataient dans les jambes. J'aimerais savoir d'où vient cette étrange coutume.

Notre fête à nous a été plus silencieuse, elle a pourtant été bonne. A ma prédication, j'avais une dizaine de catholiques, civils ou militaires, qui n'avaient jamais mis les pieds à la chapelle. Par contre, nos protestants

se sont abstenus ils ont pourtant su se déranger

pour aller à la messe de minuit ; que c'est triste !

Le i^^ janvier, nous sommes allés faire une grande excursion aux environs de Saint-Louis, Brandt, les garçons et moi, avec notre petite voiture. Nous avons un peu chassé, mais au retour notre gibecière ne fléchissait pas sous le poids des victimes

1 1 janvier.

Lu le livre de l'abbé Malé sur les missionnaires catholiques et les missionnaires protestants. Toute la journée, je ne sais quelle sainte jalousie a rempli mon cœur à la pensée qu'on pouvait de la sorte méconnaître le généreux dévouement de nos missionnaires au profit

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