I.K CIIOLKUA
F(M-ai pas prêteur sur gag-es. Je sais (pie nia popnlarilé eu soutlVira, mais que lu'impoi'le celte populai ih'-là?
i8 juin.
L'entant prodigue nous est revenu après dix jours d'absence. Son coup de tete lui a mal réussi. Il a compris tout ce qu'il perdait en s'éloig-nant de nous. Ou plutôt, j'aime mieux croire que c'est sa conscience qui a parlé et qui nous l'a remené. Il savait que ma maison lui était ouverte et que je lui avais pardonné. Mais il refusait de demander pardon à Forg-et qu'il avait grandement offensé. Nicliol, Salimata, d'autres parmi ses anciens camarades, l'ont vu, exhorté, secouru (car il a jeûné plus d'une fois), enfin l'ont décidé à venir s'humilier. Tout s'est donc raccommodé. Mais comme notre cœur a été ulcéré pendant quelques jours ! Dieu veuille que son repentir soit sincère, et qu'il remonte résolument le courant qu'il était en train de descendre si rapidement ^
6 juillet.
Le choléra a fait son apparition dans la ville. On signale plusieurs décès, et l'on publie toutes sortes d'avis sanitaires. A part de rares exceptions, les noirs seuls sont atteints, à l'inverse de la fièvre jaune qui n'attaque que les blancs. Pour nous-mêmes , nous n'avons donc que très peu à craindre. Mais c'est pour
^ On peut lire dans le Petit Messager des Missions évangéliqiies de Paris, année 1897, p. 72 et 171, l'histoire émouvante de Jean Damblé.
nos paroissiens que nous craignons, surtout pour nos garçons et filles. Dieu est puissant, et il peut faire bonne garde autour de nous et des nôtres. Entourez-nous plus que jamais de vos prières.
Notre œuvre marche doucement. Nos réunions d'évang-élisation se tiennent toujours le dimanche aprèsmidi chez Nichol. Nous sommes encouragés. Il y a quinze jours, j'avais douze adultes et une dizaine d'enfants étrang-ers (c'est-à-dire n'étant pas de mes paroissiens). Dimanche dernier, au culte français, j'avais un nombre inusité d'auditeurs, surtout des jeunes gens. Cela allait très bien, car, à propos du « jeune homme riche, » c'est à la jeunesse que je m'adressais particulièrement.
1 5 juillet.
L'épidémie de choléra, sans être aussi forte que celle de 1867-1868, fait pourtant des ravag-es parmi la population indig-ène. Le nombre des décès s'est élevé à quinze, puis à vingt, hier il a été de vingt -huit. Encore est-on loin d'en connaître le chiffre exact. Et ce n'est pas fini, nul ne peut dire jusqu'à quand l'épidémie peut durer.
Notre mission a été douloureusement atteinte. Vendredi 7 juillet, à six heures du soir, Niamantou vint m'annoncer qu'à son retour de l'atelier, à cinq heures, il avait trouvé sa femme en proie à la maladie. Je cherche un docteur (Morin est en France), j'attelle ma voiture. A sept heures et demie nous arrivions à Sor, où nous trouvons Jeanne déjà froide. Nous nous mîmes aussitôt à l'œuvre : frictionnant, donnant des potions