‹ Benjamin Escande, missionaire au Sénégal et à MadagascarChapitre 5 sur 45 · ACTIVITÉ MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

ACTIVITÉ MISSIONNAIRE

aussi mentionner, tout au moins, parmi les diverses activités auxquelles il consacra ses vacances, une tournée d'évangélisation dans le département de l'Averron qu'il entreprit avec un de ses oncles, en 1887, la sufFragance qu'il fît à Londres en 1888, et deux préceptorats en France et en Hollande.

Activité missionnaire.

Enfin l'heure allait sonner de partir pour le champ missionnaire. Où devait-on l'envoyer? Le Comité le désigna pour le Sénégal. Il semblait que ce fût l'envoyer à la mort. Le Sénégal, en effet, avait déjà englouti bien des vies précieuses : les Lauga, les Guindet, les Golaz y avaient péri prématurément; d'autres, comme MM. Andrault et Villéger, y avaient usé leur santé. On pouvait se demander si ce climat était supportable pour des Européens. — Escande n'eut pas une minute d'hésitation. Il s'était donné sans esprit de retour et était prêt à aller partout où le Comité jugerait à propos de l'envoyer. Il fut consacré à Paris le 27 novembre 1888.

Ce qu'il a été comme missionnaire, ses lettres le diront assez. Pasteur de la population protestante française de Saint-Louis, il s'acquittait de sa tache avec un soin vigilant, saisissant avec empressement toutes les occasions de faire du bien à ses compatriotes. Il lui

2ij

tardait d'avoir un temple digne du protestantisme français, estimant avec raison que cet édifice poserait bien l'œuvre aux yeux de la population, et que les auditeurs se multiplieraient quand on pourrait leur offrir un abri un peu confortable.

Mais Escande avait rêvé d'être missionnaire auprès des païens, aussi ne tarda-t-il pas à transporter le centre de son activité missionnaire dans le village de Sor. Mais cela même ne satisfaisait pas son ambition. Il lui tardait de pouvoir laisser l'œuvre de Saint-Louis en d'autres mains pour pouvoir s'enfoncer lui-même au cœur de l'Afrique. Il étudia avec acharnement le wolof d'abord, le bambara ensuite, pour être en mesure de prêcher le plus tôt possible aux indig"ènes des vastes régions de l'intérieur.

En attendant d'avoir un collèg-ue, il allait trouver une «aide semblable à lui. » C'est pendant un séjour de cong-é en Europe, dans le courant de l'année 1891, que Dieu lui fît découvrir à Genève une compagne dig'ne de lui et animée, comme lui, de l'esprit missionnaire. Ce fut pour notre ami une réponse à beaucoup de prières. M^^^ Gertrude Lasserre, fille d'un ami dévoué des missions trop tôt enlevé à cette œuvre, avait, dès son enfance, éprouvé le désir de consacrer sa vie aux païens. Les deux jeunes époux partirent donc, pleins de joie et d'entrain, pour continuer l'œuvre à laquelle ils s'étaient donnés l'un et l'autre avec un enthousiasme juvénile, mais profond et bien raisonné.

Si les difficultés ne leur furent pas éparg-nées, les joies ne leur manquèrent pas non plus. Ils virent des âmes se tourner vers Dieu parmi les élèves de leurs

Page 1