OFFRES DE SERVICES
l'amour infini dont j'avais été l'objet de la part du Seigneur, je rayonnai d'espérance à la pensée que j'étais un citoyen des cieux ; et plein de reconnaissance envers Dieu, et sentant le besoin de faire en retour quelque chose pour lui, je lui demandai de me tracer le chemin que je devais suivre. Ma prière n'est pas restée sans réponse, et peu à peu, par des degrés successifs, j'ai acquis la conviction que Dieu m'appelle à la vocation missionnaire.
Toutefois je ne voudrais pas me bercer dans de funestes illusions ; je ne voudrais pas que ce fût un simple effet de mon imagination, un vain rêve de mon esprit, l'enthousiasme de la première heure, le désir de me mettre en relief, qui me poussât à tourner mes yeux vers ce champ de travail ! Non, je tiens à être bien sûr que c'est le Maître lui-même qui m'appelle à ce poste avancé, et dans ce cas, je n'aurai qu'une réponse à son appel : «Me voici. Maître, prends-moi. »
J'ai mûrement réfléchi à ce sujet, je l'ai examiné sous toutes ses faces, et, faut-il le dire, lorsque je me suis placé en face de cette grande œuvre, j'ai parfois ressenti une telle incapacité, que j'en étais à me demander s'il était possible que j'eusse jamais songé à devenir missionnaire. Mais, g-râce à Dieu, ces moments douloureux étaient vite passés, et le soleil d'En-Haut, perçant l'obscur nuag-e, redonnait la sérénité à mon âme, et je sortais de cette crise plus convaincu que jamais de la réalité de cet appel.
L'amour divin a élargi le cercle de mes affections, a desserré les liens de ma charité, m'a communiqué une compassion et un amour extrêmes pour ceux qui péris-
BENJAMIN ESGANDE.
sent, faute de connaître le Rocher du salut, et s'il est vrai que Dieu m'appelle à devenir un messag-er de Bonne Nouvelle, à porter la lumière de l'Evangile au sein des peuplades païennes du «Noir continent, y> assises dans l'ombre de la mort, j'en bénirai l'Eternel.
Oui, je suis désireux de hâter dans la mesure de mes moyens, ce jour glorieux où la terre sera couverte de la connaissance de l'Eternel comme l'est le fond de la mer par les eaux, où, par toute la terre habitable, on offrira à Jehovah le parfum d'une oblation pure !
Toutefois je ne me dissimule pas les grandes difficultés qu'il y a à surmonter. Je sais que la vie du missionnaire est une vie de dévouement et de sacrifice, et que la croix qu'il est appelé à porter est souvent fort lourde. Mais je suis assuré que si le Seigneur m'appelle à cette œuvre, il me donnera le courage, la force, les lumières néces saires pour que je ne faille point à mon devoir.
...Afin de couper court à mes incertitudes, j'ai résolu de vous faire part de mes projets, et je serai bien aise que vous me disiez en toute franchise si vous croyez que je suis qualifié pour cette œuvre-là, car, vous le savez, je suis jeune et inexpérimenté, et je m'estimerais heureux que vous serviez à me montrer le chemin.
C'est en vue de ces projets que j'apprends la langue anglaise, que je travaille à acquérir la plus g-rande somme de connaissances possible, et si le Comité des Missions à Paris m'accepte comme élève-missionnaire, ce sera avec une grande joie et une énergie toute juvénile que j'irai continuer mes études.
Ainsi, si d'un côté, j'aperçois des obstacles et des