FAIBLESSE ET CONFIANCE
difficultés sans nombre, de l'autre côté je n'ai garde d'oublier que les petites considérations sont le tombeau des g-randes choses
Au Directeur de la Maison des Missions de Paris.
20 mars 1882.
J'ai été très heureux de recevoir la confirmation de mon admission en qualité d'élève missionnaire à l'école préparatoire des Batig'nolles.
Permettez-moi, Monsieur, de vous en témoig-ner ici toute ma reconnaissance, et je vous prie de transmettre à Messieurs les membres du Comité, l'expression de ma plus vive g-ratitude.
Mon cœur est rempli de joie à la pensée que je vais enfin pouvoir sérieusement me préparer à la belle œuvre à laquelle Dieudaig-ne m'emplojer. Plus j'avance, et plus je me convaincs que c'est bien là le chemin que je dois suivre.
Je dois aussi avouer que je me prends parfois à trembler lorsque je songe à ma grande faiblesse et aux difficultés de la carrière missionnaire, et pour mon encouragement, j'ai besoin de m'appliquer la parole que l'Eternel adressait à Gédéon : « Ya avec cette force que tu as, n'est-ce pas moi qui t'envoie? » et de me souvenir que Dieu proportionne ses bénédictions à la grandeur de la tâche qu'il impose à ses enfants.
École des Batig-nolles, Paris, i6 octobre 1882.
Voici près d'une semaine que je suis ici : je m'y trouve bien. Certes je n'ai pas oublié mes parents, mes amis, mon Eglise de Mazamet, les mille souvenirs qui se rattachent à ma chère ville natale, mais j'essaie d'y penser le moins possible, afin de ne pas être troublé dans mes études. Ces études, je les fais avec joie, je tâche d'y prendre goût, et je suis tellement encombré de travail que, le voudrais-je, je ne trouverais pas un instant pour me livrer aux reg-rets.
.... La prière du matin, à six heures, est faite par un élève. Le culte a lieu à sept heures et demie, il est présidé soit par M. de Vismes, soit par un autre professeur. Le soir, enfin, il est célébré par le même professeur. Chaque élève, à tour de rôle, est appelé à faire le culte, le samedi soir; il lit ordinairement son travail, après quoi chacun peut ajouter ses réflexions particulières.
Hier, dimanche, nous avons eu liberté complète. Allég-ret et moi sommes allés entendre M. Hollard à la chapelle du Luxembourg-, de là nous sommes allés à la Maison des Missions ; M. et M"^® Bœg-ner ont été très aimables.
6 décembre i883.
J'ai été dimanche dernier aider Allég-ret à l'école d'Ivry. Je t'assure qu'il y a de la différence entre cette école du dimanche et celle du Bousquet ^ Imagine-toi
^ Aux environs de Mazamet.