Bentham Déont
DEN ESE Ko
la considération de la vie dans son ensemble, et des conditions sous lesquelles cette vie, se développe »1
La souveraineté de l'instant a été chantée jadis par Aristide de Cyrène pour qui le plaisir, purement momentané et fugitif, était le seul but, la seule fin de la vie. À ce point de vue seul, le bien s’identifie absolument avec le plaisir, Je mal, avec la douleur.
Mais la vie de l’homme n’est pas composée de moments isolés; l’instinct même de la conservation l'empêche de faire abstraction de l'avenir et de négliger les expériences passées. Par dessus tout, le sentiment de la continuité nous domine. Tout se retire et s’enchaîne dans notre conscience, comme dans notre vie; les divers moments, bien loin d’être épars se. pénètrent et se fondent, et donnent l’apparence
d’une parfaite unité. : De «Dans toute réflexion sur lui-même et sur son action l'individu s’élèvera au-dessus des moments particuliers, considérés dans leur diversité et leur isolement, et son sentiment correspondra (au moins pendant l'instant de la réflexion) à la manière dont se présente à la conscience, non pas seulement le moment particulier, mais la vie dans son ensemble ?».
Une action bonne sera celle qui maintient l’harmonie de la vie, l’action mauvaise, celle qui la détruit, et la loi morale résultera d’un «rapport harmonieux entre l'intérêt de la vie dans son ensemble et l’impul
-sion du moment particulier 5».