‹ Bentham CriminalisteChapitre 11 sur 67 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

D Lieu

Mais la doctrine de la souveraineté de l'individu, comme celle de la souveraineté de l'instant, est le résultat d’une excessive abstraction.

De même que l'instinct de conservation relie entre eux les divers instants de la vie humaine, de même les instincts sympathiques rapprochent les individus.

L'homme ne forme pas un monde isolé dans un autre monde plus vaste; «toute sa vie n’est qu’une partie de la vie de l'espèce; son organisation est le résultat, transmis par l’hérédité, des actes et des

souffrances des générations antérieures, ses condi-

tions de vie et son atmosphère mentale sont le produit de l’évolution de l'espèce »1. Lee

Une action, du point de vue individuel, sera bonne, si elle ne détruit pas l'harmonie interne; une action du point de vue collectif, sera bonne, si l'individu est resté en harmonie avec son milieu.

Mais de telles notions, communément adoptées, sont étrangères à la doctrine de Bentham; il estime que le principe de l'utilité est un guide supérieur et

plus sûr.

On ne comprend point d’ailleurs dans sa doctrine

par quel lien magique ou divin les hommes sont reliés les uns aux autres, ni comment cette union, cette harmonie des intérêts individuels peut se produire spontanément.

On a plutôt coutume, et avec juste raison, de considérer que les intérêts divisent les hommes, même

ceux qui, par les sentiments étaient les plus unis.

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