‹ Bentham CriminalisteChapitre 40 sur 67 · IV. — MOYENS INDIRECTS DE PRÉVENIR LES DÉLITS · texte numérisé non relu

IV. — MOYENS INDIRECTS DE PRÉVENIR LES DÉLITS

La peine est un mal nécessaire établi pour la sauvegarde d’un bien général et supérieur : la sécurité de la société.

Mais à plusieurs points de vue, c'est un mal, et il faut, autant que possible, essayer de l’éviter.

Elle ne peut intervenir qu'après que le délit commis à produit ses funestes conséquences ; son pouvoir d’acticn est fatalement assez restreint; elle ne peut enfin s'appliquer qu'aux manifestations matérielles d’une volonté coupable, et elle est impuissante à atteindre des intentions pernicieuses mais cachées.

La répression s'impose certainement après tout délit, mais à de telles mesures il faut toujours préférer les moyens préventifs; on évite ainsi deux maux : le délit, et la peine.

Tous ces moyens se ramènent à deux idées : ôter la connaissance du mal et détruire la volonté de le faire, en substituant au désir de le commettre la volonté de faire le bien.

Ce n'est point en mettant les hommes dans l’impossibilité d'acquérir des connaissances dont ils pourraient tirer un fâcheux parti qu’on peut les empêcher de se rendre, par leurs actes, nuisibles. Ce moyen est inconcevable, car 1l faudrait maintenir l'humanité dans un

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