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degré d’ignorance à peu près absolue, ce qui au surplus est inutile, car l'expérience a montré que la diffusion des connaissances et des lumières n’a pas amené une multiplicité correspondante de délits mais que la loi fatale de l’évolution les a tout simplement diversifiés,
Les seuls moyens indirects que l’on puisse. employer sont ceux qui ont pour but de diriger vers une fin salutaire la volonté humaine en substituant aux désirs dangereux de saines inclinations, en faisant perdre aux hommes l'habitude de l’oisiveté et en leur faisant sentir! toute la satisfaction qui naît d’une activité sainement employée.
Il n'existe pas dans le cœur humain de passions essentiellement mauvaises, il suffit seulement de savoir les diriger. |
«Ce sont des arbres qui portent des fruits excellents ou des poisons, selon l'exposition où ils se trouvent, selon la culture du jardinier, et même selon le vent qu règne et la température du jour. »! | |
Il faut faire souffler un vent favorable; c'est l’œuvre et le devoir de la société de créer cette atmosphère
clémente et propice. On y parvient par la culture de tout ce qui est agréable et beau, et en particulier par celle de tous les arts et de la littérature.
Mais il faut que tout le monde soit assuré de trouver dans les lois, et surtout dans les lois répressives, une garantie suffisante ; les sentiments de vengeance s’affaiblissent ainsi et disparaissent, au moins dans leurs manifestations; « couvert du bouclier de la justice » chacun se sent en sécurité.
le Bentham, Législ. civ. et pén.
Il faut surtout que les lois protègent l'honneur plus qu’elles ne le faisaient en Angleterre, au temps où vivait Bentham. Il trouvait à cet égard la jurisprudence française très supérieure à toutes les autres
et surtout, à la législation anglaise pour laquelle dans
un délit contre l'honneur la perte d'argent qui pou-
vait en êbre la conséquence avait seule de l'intérêt, et 1l en parlait en ces termes :
«Elle considère l'argent comme le remède à tous les maux, le palhatif de tous les affronts, et l'équivalent de toutes les insultes. » 1
Enfin, lorsque les lois sont insuffisantes, il faut sé montrer indulgent pour le duel qui est certainement un mal mais qui est moins nuisible ét moins néfaste, que les conséquences qu'entrainerait sa prohibition, car dans les pays où le duel n’existe pas, les assassinats, les empoiscnnements, les vengeances inassouvies troublent la paix du pays et sèment partout la crainte et la discorde.
Pour prévenir le délit principal, il faudrait réprimer ce que Bentham appelle des délits successifs et ce que nous désignerions plutôt du nom d'actes préparataires et de tentative.
Il faudrait cependant punir ces délits de peines moins fortes que le délit principal afin que le délinquant ait intérêt à s'arrêter sur cette pente et à ne pas exécuter ce que ses néfastes desseins lui avaient fait décider.