‹ Bentham CriminalisteChapitre 43 sur 67 · Bentham, Législ. civ. et pén · texte numérisé non relu

Bentham, Législ. civ. et pén

La vue du malheur d'autrui nous afflige par égoïsme à tél point, pensait Bentham, qu'il faut infliger au coupable la peine prononcée contre lui avec des solennités qui produisent sur l'imagination des spectateurs une impression qui les détourne de semblables desseins ; il faut établir entre le délit et la peine une liaison telle que la peine semble le reflet immédiat de la faute.

Il faudrait développer chez les individus les sentiments de bienveillance en détruisant en eux tous les préjugés qui en font des ennemis. Le mobile de la religion ne sérait peut-être pas inutile; mais le pouvoir spirituel et le gouvernement temporel doivent rester entièrement séparés; trop de pays ont souffert de leurs perpétuelles discordes que la séparation peut seule éviter. Les rivalités sont fa tales entre ces deux pouvoirs et «les malheureux peuples n’ont qu’une alternative : proscrits ou damnés, ils sont placés entre la crainte du glaive civil et celle du feu éternel ». 1 |

Le seul secours qu'elle puisse apporter résulte de ce qu’elle donne au serment une force nouvelle, en ajoutant un lien religieux au lien moral. |

Mais c’est à tous égards une question de sentiment personnel qui confine à la morale la plus intime bien plus qu’à la législation pénale.

Le tourment des châtiments éternels que promet Ja religion aux coupables peut être un frein pour certaines natures, mais la réalité montre chaque jour que

pour la grande majorité ce lien est impuissant.

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