‹ Bentham CriminalisteChapitre 61 sur 67 · RE: DANS · texte numérisé non relu

RE: DANS

et après cette époque, ces faits n’apportèrent aucun trouble apparent à la conscience de ces savants personnages et ne les empêchaient pas de répéter que la loi

anglaise était la perfection de la raison humaine. » Pendant tant de générations, dans lesquelles des milliers de jeunes gens ont été successivement placés dans la position de Bentham, Bentham seul a eu assez de sensibilité morale et d’indépeñdance d'esprit pour se dire qu'agir ainsi c'était commettre des fraudes, et qu'entre ces choses et lui, il y avait un abime.

L’abîme fut tel, que malgré la perspective de quelques années de gêne et peut-être de misère, Bentham quitta le barreau et se plongea dans des méditations philosophiques et solitaires, à la recherche du plus grand bonheur.

C’est parce qu'il avait appartenu à cette corporation qu'il comprenait et devinait toute l'opposition qu’elle apporterait à ses projets de codification. Pour l’homme de loi, disait-il «la loi commune c’est la Diane d’'Ephèse et supposer le contraire, c’est croire que les fabricants de poudre font des vœux sincères pour la paix, ou que les marchands de verre voudraient trouver le secret de le rendre infrangible! », 1

Grâce à une intuition qui ne le trompa point, Bentham avait pressenti la vérité : quatre-vingt-huit ans après sa mort j Angleterre ne possède encore ni codes ni lois écrites. :

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