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Bentham

La société est une vaste association dans laquelle on ne choisit pas ses associés; le destin les fait bons ou mauvais, utiles ou nuisibles; le crime est un risque inhérent à cet état, c’est tout simplement une maladie sociale contre laquelle il faudrait établir une assurance sociale. |

«Les sociétés, disait Ferré, ont les criminels qu’elles méritent. »

Elles doivent supporter toutes les conséquences de leurs méfaits. Il serait naturel que, mûs par un sen” timent de solidarité, les privilég'és viennent au secours de celui qui est éprouvé. Il est inévitable que ce sentiment s’établisse un jour entre des individus qui vivent ensemble au sein d’une même société, qui sont gouvernés par les mêmes lois et les mêmes principes, qui jouissent des mêmes avantages, souffrent des mêmes maux et partagent les mêmes risques. itues

Le malheur de l’un d’entre eux ne peut laisser les autres indifférents : pour celui qui le supporte seul, c’est une ruine souvent définitive, et pour ceux qui viennent à son aide, la contribution est si légère qu'elle n’est pas même une charge : c’est tout simplement la juste rançon des avantages dont

l’état de société les fait bénéficier.

L'opinion publique, lors de la Révolution française avait été émue des abus qui régnaient dans les prisons. Lorsqu'un homme y était jeté, la porte du cachot quise refermait derrière lui le séparait pour toujours du reste du monde. Innocent ou coupable, il y terminait.

ses jours,

Mirabeau qui connaissait les souffrances d’une détention, puisque sur l’ordre de son père il avait été enfermé au donjon de Vincennes, fut chargé de visiter les prisons. Il fut frappé de ce triste spectacie. Une certaine humanité, un changement dans le traitement des prisonniers, des améliorations dans les établissements destinés à les recevoir, s’imposaient.

Les romanciers et les poètes disaient toute l’horreur de ces sinistres séjours, les philosophes mêlèrent leur voix à la leur et lorsqu'on se transporte un siècle plus tard, c’est un sentiment de satisfaction et de reconnaissance que l’on éprouve. |

Le traitement des prisonniers, bien qu'adouci et humanisé ne répond pas aux besoins et au but de leur internement passager. L'individu est né et s’est développé dans la société. Sa mentalité a été fatalement, en grande partie, créée par les -ecnditions que la vie sociale lui a imposées. Par conséquent, «en condamnant le coupabie, la société se condamne ellemême »1.

Elle doit cependant infliiger une peine au délinquant, afin de lui faire connaître les limites qu’il ne devra pas, à l’avenir dépasser, et pour modifier son caractère il faudrait qu’il sorte de la prison réformé ou amélioré à tel point qu'il ne puisse plus se conduire autrement que le reste des hommes. La prison devrait être une maison de rééducation, de réadaptation

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