‹ Benvenuto CelliniChapitre 21 sur 75 · PRO . EO . VT . ME . DILIGERINT. — ROM. A · texte numérisé non relu

PRO . EO . VT . ME . DILIGERINT. — ROM. A

Cette pièce, d’une valeur de deux ducats d’or, mesure vingt-neuf millimètres de diamètre. Les coins en furent gravés à Rome de 1529 à 1530. Elle a été publiée par Fiora-

(1) Berlin, 1855. — (2) In-folio. Wien, Cari Gerold's Sohn, 1858. — (3) Diretto dal March. Carlo Strozzi. Firenze, 1868.

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vanti, qui, à cause de son revers, la suppose gravée pendant le siège du fort Saint- Ange, en 1527. Mais cette hypothèse est contraire au récit de Benvenuto. D’ailleurs, c’est seulement au temps malheureux où il se trouvait assiégé que le Pape laissa croître sa barbe, qu’ensuite il garda longue, comme on le voit sur la médaille. Cette pièce existe au Musée de Vienne, et l’abbé Ciabatti l’a reproduite d’après un plâtre. Elle a été gravée aussi par Bonanni. Nous la donnons d’après un exemplaire du Cabinet de Turin.

Doublon d'or, le Pape et l Empereur. — (Pi. xi, fig. 2.)

Mentionné à la Vi ta et au Trattato dell' Oreficeria.

Au droit, le Pape et l’Empereur soutiennent la croix. Légende : « VT . OMNIS . TERRA . ADORET . TE. — CLEMENS. » — Au revers, saint Pierre et saint Paul, représentés un peu plus qu’à mi-corps. Les figures sont entourées de cette devise : « VNVS. SPS. ET. VNA . FIDES . ERAT. IN . EIS. »

Cette monnaie, de la même valeur que la précédente, a été gravée à Rome à la même époque. Il est question de l’une et de l’autre au Traité de l' Orfèvrerie. Dans ses Mémoires, Cellini en donne une description différente, ou plutôt il ne parle que d’un seul doublon qui aurait eu pour face le Pape et l’ Empereur , et pour revers YEcce Homo. Il n’y a d’ailleurs pas là contradiction. D’après le récit des Mémoires, le Pape avait expressément commandé un modèle devant représenter ces deux sujets. C’était en quelque sorte un travail d’essai, afin d’éprouver le talent de Cellini dans cet art nouveau pour lui. Clément VII fut tellement satisfait de l’exécution, qu’il accorda sur-le-champ à l’artiste la charge de graveur de ses monnaies. Il est probable que c’est au moment de faire frapper le doublon que l’idée lui vint de placer son propre portrait sur la face et YEcce Homo au revers, et que pour utiliser l’autre sujet, le Pape et lEmpereur , il fit graver le saint Pierre et saint Paul qui forme le revers du second doublon.

Benvenuto rapporte qu’à cause du titre trop élevé de l’or employé, les banquiers s’empressèrent de fondre ces deux pièces pour en tirer profit, et que bientôt elles devinrent très-rares. Aujourd’hui, elles sont presque introuvables. Le second doublon, publié par Marescotti, se voit cependant au Musée de Vienne comme le précédent, et il a été de même gravé sur un plâtre pour la publication de l'abbé Ciabatti. Son diamètre est aussi de vingt-neuf millimètres. Arneth en a donné un dessin. Nous le reproduisons d’après un exemplaire du Cabinet de Milan.

Pièce d’argent de deux carlins, à ï effigie de Clément VII. — (Pi. xi, fig. 3.)

Mentionnée à la Vt ta et au Trattato dell’ Oreficeria.

Au droit est gravé le buste du Pape, la tête tournée à gauche, et son nom : « CLEMENS. VII . PONT . MAX. » — Au revers, Jésus-Christ prenant la main de saint Pierre et le soutenant sur les flots, et ces paroles du Sauveur : « QVARE . DVBITASTI. »

Monnaie gravée et frappée à Rome de 1529 à 1530. Diamètre : vingt-neuf millimètres. Elle a été publiée par Fioravanti en même temps qu’une autre qui représente

le même sujet. L'autre pièce se distingue de l'ouvrage de Cellini, qui ne porte pas de millésime, par le chiffre XI, date du pontificat, et par l'attitude des ligures : le Christ soutient saint Pierre de la main gauche et le bénit de la main droite. Valerio Belli en est peut-être l'auteur. La pièce de Benvenuto a été aussi reproduite par M. Friedlaender, Arneth et l'abbé Ciabatti. Nous la donnons d'après un exemplaire du Cabinet de France.

Médaille de Clément VII. — (Pi. xi, fig. 4.)

Mentionnée à la Vita et au Trattato dell’ Oreficeria.

Au droit, le buste du Pape tourné à gauche, et l'inscription : » CLEMENS . VII . PONT . MAX . AN . XI . MDXXXIIII. » — La composition du revers symbolise la Paix : une figure de femme, couverte jusqu’à mi-jambe d’une légère draperie, tient de la main gauche une corne d’abondance, de la droite une torche avec laquelle elle met le feu à un faisceau d’armes. Près du temple de Janus se trouve une figure d’homme, nu et enchaîné, dans l’attitude de la fureur. L'inscription : « CLAVDVNTVR . BELLI . PORTAE » complète l’allusion à la paix qui régnait depuis i53o entre les princes chrétiens. Le revers porte aussi la signature de l’artiste :

« BENVENVTVS . F. »

Cellini grava cette médaille à Rome et la présenta au Pape en 1534 ; il dit dans ses Mémoires qu’il en frappa des exemplaires en or, en argent et en cuivre. Bonanni, M. Friedlaender, Arneth et l’abbé Ciabatti l’ont reproduite par la gravure. Nous la donnons d’après un exemplaire du Cabinet de France. Elle a trente-neuf millimètres de diamètre. Le poinçon est conservé aux ZJffizi, à Florence.

M. Joseph Arneth a cru reconnaître dans l’agrafe de pluvial que porte le Pape sur cette médaille , le fameux bouton que nous avons décrit au chapitre de l’Orfèvrerie et qui a disparu à la fin du siècle dernier. Dans ce bijou, Cellini avait représenté Dieu le Père bénissant, placé au-dessus d’un gros diamant et au milieu d’une gloire d’anges. Nous avouons ne pouvoir rien distinguer de cette composition sur l’agrafe gravée dans la médaille.

Autre médaille de Clément VII. — (Pi. XI, fig. 5.)

Mentionnée à la Vita et au Trattato dell’ Oreficeria.

Au droit, le profil du Pape, comme à la pièce précédente, avec la même inscription. — Au revers, Moïse dans le désert frappe le rocher pour en faire jaillir la source à laquelle les Israélites viennent se désaltérer. Légende : « VT . BIBAT . POPVLVS. »

Un certain nombre de personnages figurent dans cette composition (1), qui avait été commandée par le Pape, ainsi que la légende, comme une allusion au puits monumental qu’il faisait construire à Orvieto, par Antonio da San Gallo (2).

La médaille, gravée à Rome la même année que la précédente, a été publiée par

(1) Au Traite de T Orfèvrerie, l’artiste dit qu’il y représenta aussi des chameaux, des chevaux et beaucoup d’autres animaux. On ne distingue guère sur la pièce que les têtes des chameaux.

(2) Le puits se trouvant à une grande profondeur, l’architecte avait disposé deux escaliers en colimaçon ; les bêtes descendaient par l’un, et arrivées à l’endroit où elles prenaient leur charge, elles remontaient par

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Bonanni, M. Friedlaender et l’abbé Ciabatti. M. Armand en possède un très-beau plomb frappé, qui nous a permis de la reproduire à notre tour. Elle mesure trente-neuf millimètres de diamètre. Le coin est conservé aux Uffizi, à Florence, comme celui de la médaille précédente. Nous la reproduisons d’après un exemplaire du Cabinet de France.

Cellini rapporte que le Pape était au lit et très -malade lorsqu’il la lui présenta : « Pourtant, dit-il, il m’accueillit très -bien, et pour voir les médailles et les coins il se fit apporter ses lunettes et de la lumière, mais il ne put rien distinguer. Il les palpa quelque temps, poussa un grand soupir, et dit qu’il était très-peiné pour moi, mais que si Dieu lui rendait la santé, il pourvoirait à tout. Trois jours après il mourut. » Ceci donne la date du 25 septembre 1534.

Deux autres médailles de Clément VII ont été attribuées aussi à Cellini : l’une, qui porte au revers une composition représentant Joseph se faisant reconnaître par ses freres, est, d’après Vasari, l’œuvre de G. Bernardi da Castel Bolognese (i). L’autre, au revers de laquelle se trouve le Christ attaché à la colonne, est considérée par Venuti comme celle attribuée par Vasari à Francesco dal Prato; mais il y a doute.

Écu d’or du Pape Paul III. — <pi. xi, fig. 6.1

Mentionné à la Vita.

Au droit, 1 écusson des Farnèse et la légende : « PAVLVS . III . PONT . MAX. » Au

revers, saint Paul debout, avec cette inscription : « S . PAVLVS . VAS . ELECTIONIS » allusion au mode d’élection du cardinal Farnèse, qui prit le nom de Paul III à son exaltation au souverain pontificat.

Monnaie gravée et frappée à Rome en 1534. Elle a été publiée par Arneth et l’abbé Ciabatti. Diamètre : vingt-neuf millimètres. Nous la donnons d’après un exemplaire du Cabinet de France.

En la décrivant de souvenir dans ses Mémoires, Cellini dit que saint Paul était représenté à mi-corps [un mezzo san Pagolo). En réalité, la figure est presque entière ; l’artiste, s efforçant de lui donner le plus d’importance possible dans un champ restreint, a rehaussé la tête jusqu au bord supérieur et n’a sacrifié que les pieds et le bas du manteau.

Deux autres médailles de Paul III ont été attribuées sans raison à Cellini. Les dates quelles portent indiquent par elles -mêmes l’impossibilité de l'attribution; car ce n’est pas au temps où 1 ancien prisonnier du château Saint-Ange, après avoir quitté la cour de France, était revenu se fixer à Florence, qu’il se fût remis, même de loin, au service de celui qui l’avait si durement traité.

Ces deux médailles sont beaucoup plus judicieusement classées par M. Armand dans 1 œuvre d Alessandro Cesati, dit le Greco ou le Grechetto, qui travaillait alors à Rome pour Paul III, comme on en a la preuve par son nom gravé sur une autre médaille de ce Pontife, faite à la même époque.

1 autre, sans avoir besoin de se retourner ni de se croiser avec celles qui venaient après elles. — Voir Vasari édition Gaetano Milanesi, t. V, p. 461.

(1) Voir à ce sujet M. Armand, les Médailleurs italiens , etc.

BENVENUTO CELLINT.

Pièce d’argent, à l'effigie d'Alexandre de Médicis. — (Pi.xi.fig. 7.)

Mentionnée à la Vit a et au Trattato deW Oreficeria.

Au droit, la tête d’Alexandre de Médicis, et l'inscription : « ALEXANDER . M . R. P . FLOREN . DVX. » — Au revers, saint Cosme et saint Damien, patrons de la maison de Médicis, et la légende : « S . COSMVS . S . DAMIANVS. »

Pièce frappée, de la valeur de quarante soldi, gravée à Florence en 1535. Diamètre : vingt-neuf millimètres. D’après les Mémoires, c’est la première que Cellini grava pour le duc. On sait qu’il était entré temporairement au service de ce prince lorsqu il dut quitter Rome pour échapper aux persécutions de Pier Luigi Farnèse. Cela fut peu de temps avant la fête à l’occasion de laquelle il obtint définitivement la rémission du meurtre de Poinpeo.

Au Traité de l’ Orfèvrerie , Benvenuto dit que cette pièce, à cause de la chevelure frisée ( ricciuta ) d’Alexandre, fut bientôt connue sous l’appellation de frisons (ricci). On l’a désignée ainsi à Florence jusqu’au dix-huitième siècle. Elle a été gravée par M. Friedlaender, Arneth et l’abbé Ciabatti. Le Musée du Louvre en possède un exemplaire, ainsi que le Cabinet de France. C’est ce dernier que nous reproduisons.

Il est très-probable, comme le pense l’abbé G. Ciabatti, que c est à cette monnaie et aux suivantes que Bembo fait allusion lorsqu’il écrit dans une lettre datée du 15 juillet 1535 : « J’ai reçu les plombs des sept monnaies de Benvenuto Cellini. Elles sont très-belles, comme toutes ses œuvres. »

Pièce d’un jule d'argent, aux armes d’Alexandre de Médicis. — (PL xi, fig. 8.)

Mentionnée à la Vita et au Trattato deiï Oreficeria.

Au droit, l'écusson des Médicis, et 1 inscription : « ALEXANDER . MED. R. P. FLOREN. DVX. » — Au revers, saint Jean-Baptiste assis, de profil, et tenant un livre à la main. Légende :

« S . IOANNES . BAPTISTA. »

Cette pièce, décrite par l’artiste, gravée et frappée à Florence en 1535, a été reproduite par l’abbé Ciabatti. Elle a vingt-six millimètres de diamètre. Nous la donnons d’après un exemplaire du Cabinet de Florence.

Pièce d’un demi-jule d argent, aux armes d A lexandre de Médicis. (Pi. xi, fig. 9.)

Mentionnée à la Vita et au Trattato dell' Oreficeria.

Au droit, l’écusson des Médicis, et la légende : « ALEXANDER . MED . R . P F LOREN . DVX. » — Au revers, le buste du petit saint Jean, vu de face, et 1 inscription : « S . IOANNES. BAPTISTA. »

Cette pièce avait été gravée et frappée à Florence, en 1 535 > aPr^s les piécédentes. Diamètre : vingt-quatre millimètres. Elle a été reproduite par M. Friedlaender, Arneth et l’abbé Ciabatti.

Dans ses Mémoires, l’artiste dit : « Je fis le coin pour le demi-jule, et j y gravai une tête de face d’un petit saint Jean. Ce fut la première monnaie portant une tête de face

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que Ion fit jamais avec un module d’argent si mince. Ceux-là seulement qui sont de première habileté dans cette profession peuvent juger de la difficulté d’un tel travail. » Nous ajouterons que 1 innovation n’était pas heureuse, car les rares exemplaires que l’on en retrouve encore permettent difficilement de discerner le mérite de l’ouvrage, presque effacé, ainsi que l’on peut s’en rendre compte sur notre planche, où la pièce est gravée d’après un exemplaire du Cabinet de Turin.

Ecu d or , aux armes d Alexandre de Médicis. — (Pi. xi, fig. io.)

Mentionné à la Vi ta et au Trattato dtlï Oreficeria.

Au droit, l’écusson des Médicis, et la légende : « ALEXANDER . MED. R. P. FLOREN DVX- » — Au revers, la croix grecque et quatre tètes de chérubins, avec cette inscription • « VI RT VS . EST . NOBIS . DEI. »

Cette pièce a été gravée à Florence en 1535, après les trois monnaies d'argent (1); son diamètre est de vingt-six millimètres ; elle a été reproduite par Arneth et par l’abbé Ciabatti. Notre planche est gravée d’après un exemplaire du Cabinet de France.

Médaille d’ Alexandre de Médicis.

Mentionnée à la Vita.

L artiste raconte que, sur le point de quitter Florence, et après avoir gravé les coins des monnaies d’Alexandre, il modela son portrait en cire. A Rome, il grava la face, mais il n avait pas reçu les indications pour le revers quand ce prince fut assassiné. Au chapitre des attributions, nous parlerons d’une médaille qu’on suppose pouvoir être cette œuvre de Cellini.

Médaille de Bembo.

Mentionnée à la Vita.

Benvenuto en fit le modèle à Padoue en l'année 1537, alors qu’il se rendait pour la première fois en France. Il y avait représenté d'un côté le personnage, portant la barbe courte, à la vénitienne ; de l'autre, au milieu d’une couronne de myrte, le cheval Pégase, que Bembo avait adopté pour emblème. Il paraît probable que cette médaille ne fut jamais jetée en bronze. Nous aurons plus loin l’occasion d’en reparler, à propos d'une autre pièce attribuée à Cellini et qui porte aussi l’effigie du prélat.

Médaille d' Hercule II d’Este, duc de Ferrare.

Mentionnée à la Vita.

Au droit, elle portait le buste du prince. .Au revers, elle représentait la Paix, sous la figure

(1) Voir une note de Francesco Tassi, t. Ier, p. 347 à 34g de son édition de la Vita, par laquelle il démontre que Benvenuto n’a gravé que quatre monnaies pour le duc Alexandre, et que Cicognara, qui en énumère cinq, avait été induit en erreur à ce sujet par un texte altéré des Mémoires de l'artiste.

d’une femme vêtue d’une légère draperie, qui foule aux pieds une Furie enchaînée, et met le feu, avec une torche, à un grand faisceau d’armes. C’est la composition qui avait servi à l'une des médailles de Clément VII. Le duc avait donné pour légende : « PRETIOSA . IN . CON- SPECTV . DOMINE »

On ne connaît pas d’exemplaires de cette médaille, mentionnée par Cellini dans ses Mémoires comme ayant été exécutée par lui à Ferrare en 1540, lorsqu’il se rendait en France pour la seconde fois. Il avait, dit-il, fait le portrait d’Hercule II sur une pierre noire de la dimension d’une petite assiette, et l’avait remis entièrement terminé au duc en prenant congé de lui.

Il est possible quelle n’ait jamais été jetée en bronze, et l’on peut même avoir d’autres doutes sur cette pièce. Le texte des Mémoires dit : « La quai cosu 10 fcci 111 uno iondo di pictra ncra, grande quanta un taglierctto da tavola. » Farjasse traduit : « Je l’exécutai sur pierre noire. » Leclanché : « Je la fis sur une pierre noire de forme circulaire. » Francesco Tassi, dans son édition italienne, dit à la table des matières : « Fa al duca Ercole II il ritratto in una medaglia di pictra liera, con un rovescio rappresentante la Face. » Il paraît donc comprendre qu’il s’agit d’une médaille gravée sur pierre noire, et la chose peut en effet s’entendre ainsi, car on connaît un certain nombre d’ouvrages de cette nature.

Cependant, cette pierre noire, de la grandeur d’un tranchoir de table, c’est-à-dire d’une petite assiette, peut aussi avoir été employée par l’artiste seulement pour y dessiner et y modeler son modèle en cire blanche, ainsi qu’il avait coutume de le faire pour les modèles des sceaux de cardinaux (1). Il sagirait bien alors dune grande médaille destinée à être jetée en bronze.

On connaît deux autres médailles d’Hercule II : l’une, de Pastorino de Sienne ; l’autre, de Pompeo Leoni (2).

Médaille de François I" . — (Pl. XI, fig. 1 1.)

Au droit, le Roi de France, la tète laurée, buste tourné à gauche, sceptre, et inscription : „ FRANCISCVS . I . FRANCORVM . REX. » — Au revers, un cavalier foulant aux pieds la Fortune, et cette devise : « FORTVNAM . VIRTYTE . DEY ICI 1 . BENVENY T. »

Il est étonnant que cette pièce, la meilleure à coup sûr que produisit 1 artiste comme médailleur, ne soit mentionnée nulle part dans ses écrits. Elle est pourtant parfaitement authentique, puisqu’elle est signée, comme une des médailles du Pape Clément VII. Elle dut être modelée à l’époque du premier voyage de Cellini en France, en 1537, alors que, suivant la cour d’étape en étape, il lui était impossible de se livrer à un travail de longue haleine. Notre opinion à ce sujet est fondée sur un article de l’inventaire dressé en 1538 à Rome par le notaire, lorsque l’artiste fut incarcéré. On y lit en effet : « Una testa de Fc de Francia de piombo », — « Une tête du Roi de France en plomb. » C’est un de ces exemplaires d’essai comme les médailleurs ont coutume d en frapper ou d en couler pour juger de l’état de leur travail.

1) Trattato dell' Oreficeria , édit. Carlo Milanesi, p. ioo. — (2) A. Armand, les Médailleurs italiens, etc.

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On connaît de cette médaille plusieurs exemplaires jetés en bronze : la Bibliothèque nationale de Paris en possède un d'après lequel nous avons fait graver notre planche. Il en existe un très-beau dans le Cabinet impérial de Vienne. Cette pièce a été reproduite par M. Friedlaender, Arneth et l’abbé Ciabatti; elle prouve que Benvenuto, comme les médailleurs ses contemporains, employait aussi le procédé de la fonte pour les médailles.

De quelques médailles relevées dans l'inventaire de 1 5 58.

L’inventaire de la boutique de Benvenuto, dressé à Rome le 23 octobre 1538, au moment où l’artiste fut incarcéré au fort Saint- Ange, mentionne plusieurs médailles. Ce sont :

1“ Une médaille d'or de Mars: — « Una cassetta, dit le texte de l’inventaire, con una medaglia de nno Marte , de oro. » Était-ce là une pièce de numismatique ou une enseigne de béret? un ouvrage de Cellini ou de tout autre artiste, ou encore une antique? Rien ne l’indique, et pourtant nous serions plutôt disposé à y voir une enseigne.

2" Une médaille de plomb de François I", démontrant, selon nous, que la médaille connue de ce prince a été exécutée par l’artiste lors de son premier voyage en France.

30 Un certain nombre de médailles de cire et de plomb dont les sujets ne sont pas désignés, et qui doivent être des exemplaires d’essai des diverses oeuvres de Benvenuto. Le texte dit : « Ccrti scatolini con medaglie dentro di cera et piombo, et carte altre frascharie. »

4" Dix médailles d’argent du Pape Clément; une médaille d’argent du Pape Jules; une médaille d’or du Pape Paul. — Les médailles des Papes Clément VII et Paul III inventoriées ici sont certainement celles dont nous venons de donner la description aux articles précédents. Quant à celle du Pape Jules (sans doute Julien de la Rovère, Pape sous le nom de Jules II), elle ne peut être l’œuvre de Cellini, puisque le Pontife mourut en 1513 ; à moins pourtant que ce ne soit ce qu'on est convenu d’appeler une restitution. On connaît quatre médailles de Jules II; elles sont dues aux maîtres suivants : Sperandio, de Mantoue; le Francia, de Bologne; le Camelio, de Venise, et le Caradosso, de Milan.

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