SERRURE EN FER CISELÉ
( Collection de madame la comtesse Potocka.)
Serrure et clef en fer ciselé.
Collection de madame la comtesse Potocka, à Willanow, près de Varsovie.
Dans une publication intitulée Feriœ Varsavienses, imprimée en 1818 à Varsovie, le professeur Sebastiano Ciampi, en parlant de la précieuse collection du comte Stanislas Potocki, a donné la notice suivante :
« Cet ouvrage, qu'on nomme écrin, présente la forme d’une sorte d’édifice en acier, sur la façade
(I ) La fidelle ouverture de l'art du serrurier, oit Von voit les principaux préceptes, desscmgs et figm es touchant 'les expériences et opérations nouvelles dudit art, etc. Le tout, faict et compose par Mathurm Jousse, de La Flèche. A La Flèche, chez Georges Grimeau, imprimeur ordinaire du Roy, 1607.
Pour en revenir à la clef Strozzi, on doit conclure cjue c est un ouvrage fiançais de la seconde moitié du seizième siècle. Si l’érudit écrivain sur l’autorité duquel nous venons de nous appuver, a privé cette précieuse clef du nom de Cellini, il ne l'a certes pas dépréciée, car il dit qu’entre toutes les plus belles pièces de la même époque, elle brille « par la richesse de sa composition, la finesse de sa ciselure et un certain éclat métallique croustillant, à l’état neuf, comme si elle sortait des mains du ciseleur ». Il est impossible d’en mieux parler. Nous donnons à la page précédente un dessin de cette clef. Que le lecteur veuille bien se reporter à la page 12 de l'ouvrage de Mathurin Jousse (1), il verra que cet auteur en a déjà donné une gravure identique à la nôtre parmi d’autres spécimens de la vieille serrurerie française.
RECHERCHES SUR LES ATTRIBUTIONS
duquel sont quatre figurines; il a été ciselé par le très-célèbre sculpteur et orfèvre Benvenuto Cellini, qui 1 a exécuté pour François Tr, Roi de France. Le très-illustre comte l’a acheté à Paris, quand le mobilier de la maison royale a été vendu. On doit surtout admirer la clef de cet écrin, qui appartient aussi à l’illustre comte (i). »
D’après un renseignement donné par Sebastiano Ciampi à Francesco Tassi, cet objet, mesurant environ une palme, avait dû être dérobé, en France, à quelque époque de troubles civils.
Les informations que nous avons prises auprès du comte Stanislas Potocki, petit-fils du créateur de la fameuse collection, nous ont amené à savoir que sa famille ne possède aucun écrin se rapportant à la description de Ciampi, mais une serrure, qui a en effet été attribuée à Benvenuto et qui appartient aujourd'hui à la comtesse, veuve du comte Auguste. Cette serrure ayant été mise avec beaucoup de bonne grâce à notre disposition par madame la comtesse Potocka, nous la reproduisons ci-contre, ainsi que la clef, qui est, comme la clef Strozzi, un joli spécimen de fer ciselé.
La hauteur totale de la serrure est de dix-huit centimètres, sa largeur est de vingt-deux. La clef en mesure douze. Le coffret auquel appartenaient ces deux objets existait sans doute encore au temps où Ciampi en a parlé, et c'est ainsi que nous nous expliquons son texte. Pourtant, il resterait encore une inexactitude quant au nombre de figurines, puisque nous n’en voyons que trois sur la serrure, et que Ciampi en avait compté quatre.
(]) Voici le texte de Ciampi : « Opus clarissimi sculptoris et aurificis Benvenuti Cellini ex calybe exprimons faciem cujusdam œdificii, cum quatuor sigillis in facie distribuas. Fecit opus hoc , quod vocatum est scr'gm, Francisco I Gallorum régi. Emit clarissimus Cornes Parisiis quando Regiæ Domus gaza vendita est. Maxime mtranda est ipsa clavis hujus scrinii, quæ est apud ipsum clarissimum Comilem. »