SÉJOUR A ROME. LES BASSINS ET LES AIGUIÈRES. SIÈGE DE BOURBON
Depuis trois années, Léon X est mort, mais la féconde activité du plus granddes papes a laissédes traces immortelles.
La Rome de Clément VII est encore la Rome de Jules II et de Léon X. Violent, autoritaire, tyrannique parfois, mais nature largement humaine, ouverte à toutes les idées, capable de toutes les prodigalités d’esprit et d’argent. Jules II, le pape batailleur, n’avait pas seulement dompté Michel- Ange, il avait groupé au tour de s&sedici pontificale un magnifique cortège de héros. La diplomatie de Léon X sut les retenir. Il étendit à tout l’adroite souveraineté de son intelligence. Parmi les débris de la Rome antique, entre les murs, noirs d’incendie, de la Rome féodale qu’il fit éventrer par ses architectes, il inslalla audacieusement une ville nouvelle, la cité des grands papes, la capitale de l’art.
Le court pontificat d’Adrien VI n’a pas le temps de briser cet essor. Un Médicis lui succède : les arts sont sauvés, mais l’Église est plus en danger que jamais. Sur la médaille de Bernardi de Castelbolognese comme sur celle de Cellini, Clément Vil présente les caractères d’une étroite obstination et d’une fourbe vindicative. Intrigant sans grandeur, astucieuxsans courage, mais spirituel, mais capable de goût, il continue, autant par instinct que par vanité, les traditions delà grande famille florentine dont il est issu. Entre tant d’inimitiés qui partageaient les artistes établis à Rome, il règne par un don exceptionnel de patience. 11 saitapaiser, flatter, promettre et même tenir.
Au milieu de tant de chefs-d’œuvre, Benvenulo Cellini ne cesse d’étudier les maîtres. Tandis qu’il est aux gages de Lucagnolo de Jesi, qui dirigeait alors l’officine de maestro Santi, dans les intervalles que lui laisse l’exécution