LE GRAND-DUC COSME DE MÉDICIS, BUSTE EN BRONZE PAR CELLINI
(Florence, Musée du Bargello.)
même époque, échappe au maître florentin. Sa Nymphe résume les rudesses de la forêt plutôt que ses émotions mystérieuses. Le dessin de certains morceaux est arbitraire, mais lalignede l'ensemble n’est pas sans grandeur.
Malgré tous ces efforts, l'hostilité de la duchesse d’Étampes finit sans doute paruserlecréditde Cellini, car en lo4o l’artiste fut assez mal accueilli parle roi à propos d’une demande de congé (1). Le cardinal de Ferrare l’exhorta à partir sans plus attendre, lui promettant de le faire revenir bientôt. Peut-être Cellini espérait-il être retenu. Il laissait à Paris ses deux élèves, Pagolo et Ascanio. On peut se demander si, à la suite de leur maître, ils ontexercé quelqueinfluence sur le développement des arts décoratifs en France. Cellini a-t-il laissé dans notre pays les traces d’un enseignement quelconque ? — On s’est posé la question à propos des faïences dites de Henri II, d’Oiron ou de Saint-Porchaire. Il est certain qu’elles présentent de nombreuses analogies avec le type de l’aiguière italienne au col effilé, à l’anse faite d’une torsade de serpents ou d’un entrelacement de chimères. Mais beaucoup d’artistes italiens étaient déjà venus à la cour des rois de France et, malgré les prohibitions dont les lois somptuaires, au cours du seizième siècle, frappèrent les arts décoratifs, l’orfèvrerie française avait pu connaître et appliquer, non seulement les procédés techniques des maîtres italiens, — Cellini loue l’habileté
(1) Les lenteurs de Cellini hâtèrent sa disgrâce. Cf. sur son séjour en France et sur les raisons de son départ L. Dimier. Revue Archéologique , 1898 et 1902.
BEN VEN UTO GELLINT.
de nos fondeurs, — mais encore avoir quelques connaissances des grotesques. Toujours est-il que la publication des recueils d’ornement, qui plus tard, devinrent d’usage courant, est postérieure au séjour de l’artiste. Ce sont peut-être les œuvres de Cellini qui ont inspiré à Woëriotles cahiers publiés à Lyon en 1554, à Du Cerceau sa curiosité de l’Italie, ces albums où l’étude directe de l’antique et île Jean d’Udine se mêle à de capricieuses fantaisies naturalistes, ces Arabesques dont ne cesseront pas de s’inspirer les maîtres postérieurs, — processions, bacchanales, tritons, trophées, entrelacs ; à l’orfèvre-graveur Étienne de Laulne ses belles planches d’une harmonie si pure et si française, mais dont tous les éléments sont italiens.