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PALLAS, BASE DU PERSÉE, PAR CELLINI

(Florence, Loggia dei Lanzi.)

BENVENUTO GELLINl

dans l’officine de ses premiers maîtres, puis en étudiant à toute école, surtout en multipliant les observations et les expériences. Et c’est ainsi qu’il nous a été donné de le voir successivement, avec toute la fougue et toute l’impétuosité de sa libre nature, orfèvre, médailleur, statuaire, prêt à toute besogne et à toute inspiration.

11 semble que l’art par lequel doit s’exprimer un tempérament si riche et si personnel a de grandes chances d’être extrêmement original et vivant. Mais Cellini, ne l’oublions pas, vit en un siècle où l’enivrement d’avoir retrouvé les disciplines et les modèles d’un passé admirable est aussi fort que la fécondité inventive et l’enthousiasme de créer. Par ses origines, l’art de Cellini se rattache à une tradition et à des exemples, il puise à certaines sources.

Sa jeunesse est une longue méditation de l’antique. Il est à l’affût de ces paysans qui, dans la campagne romaine, mettent au jour d’un coup de bêche une poterie pleine de médailles romaines ou caressent négligemment de leur toucher calleux quelqu’une de ces charmantes intailles qui servaient de modèles à la glyptique dans les ateliers du Nord. Les heures libres de son adolescence, il les consacre à modeler en cire les « monuments romains », tous les vestiges antiques restitués à la lumière par le sol italien et, dans le nombre, les bas-reliefs d’ornement, les grotesques, les feuillages, les fruits, les animaux et ces « masclierette » qu’il prodigua si libéralement dans ses compositions décoratives, petits mufles de lions, bucrânes, profils aigus de satyres et de chèvre-pieds. Sur les objets

BENVENÜTO GELLINI.

d’art proprement dits, il observe, pour s’en inspirer, le jet élégant des lignes, la distribution harmonieuse de ces ombres linéaires qui précisent le dessin, le modelé généreux et coloré des reliefs. Toute sa vie, l’antique lui sera un perpétuel sujet d’émulation. C’est dans la « manière antique» qu’il exécute le buste deCosme. C’est à l’antique qu’il compare chacune de ses œuvres, en se flattant de l’avoir atteint ou dépassé. Tout l’effort du moyen âge, la grande émotion naturaliste des gothiques est nulle et non avenue : c’est « maniera di Tedeschi ». 11 faut adorer les anciens, il faut se mettre à leur école et, si l’on peut, les dépasser.

De là une direction nouvelle. L’art ne se limite pas à un pastiche, à un bégaiement perpétuel des mêmes thèmes. En ce sens l’on peut dire que l’antique est le point de départ d’une émulation et que Cellini est, à sa manière, un moderniste. L’Italie a produit des maîtres, comme Donatello, qui méritent, à ses yeux, toute admiration et toute reconnaissance. Entre tous, Michel-Ange est le héros, l’homme divin. Les critiques n’ont pas exagéré l’influence, réelle, ment considérable, qu’il a exercée sur Cellini comme sur tous ses contemporains. Du style trapu, hossué, tourmenté de Baccio Bandinelli, au style mince et long, parfois dégingandé^e certaines figures celliniennes, le maître du Moïse a partout mis son empreinte. A sa suite, il convient de chercher des formes et des expressions nouvelles. L’art du décorateur et de l’orfèvre est susceptible d’un rajeunissement et d’une transformation. Une extrême ingéniosité s’applique désormais à varier les éléments fournis par l’an-

Cliché Alinari.

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