‹ Benvenuto CelliniChapitre 7 sur 31 · SALIÈRE ROSPIGLIOSI ATTRIBUÉE A CELUNI · texte numérisé non relu

SALIÈRE ROSPIGLIOSI ATTRIBUÉE A CELUNI

(Collection du prince Rospigliosi.)

ouvrages d’or et d’argent, l’orfèvre florentin doit beaucoup au maître de Milan.

Gristoforo Foppa (144?-1527), connu sous le nom de Caradosso, orfèvre, médailleur et statuaire, est un maître. On lui a reproché parfois quelque dureté et quelque sécheresse. Au seuil d'une époque où se multipliera le paraphe, souvent indéchiffrable, de compositions enchevêtrées, où les audacieuses souplesses de la forme dégénéreront souvent en facilité, en afféterie, en rondeur, il conserve le style, la grande ligne des maîtres du quattrocento. Ces qualités sont attestées par le petit Saint -Sébastien, du musée Brera, d’un type si purement milanais; parle Calvaire, en terre cuite peinte et dorée, de l’église San Satiro à Milan, dont l’expression pathétique, douloureuse, ainsi que le réalisme inspiré rappellent Donatello; surtout, à mon sens, par les frises d’enfants de la même église. Une tête énergique, barrée d’un menton dédaigneux et volontaire, qui fait songer au Niccolo da Uzzanô, traitée en haut-relief, sort d’un médaillon à la romaine. De chaque côté, dansent et jouent des enfants d’un beau modelé simple.

Orfèvre et médailleur, Caradosso travailla surtout pour Ludovic le More, puis pour Jules 11, qui l’attira à Rome (1499), après la mort de son protecteur, et lui conféra le titre de joaillier pontifical. C’est là qu’il exécuta ses admirables effigies de Bramante et de Jules II, ces belles médailles inspirées de l’antique pour la largeur, la simplicité et la sûreté de la facture. Avec Caradosso, avec ses contemporains des écoles du Nord, Cristoforo Geremia,

Melioli à Mantoue, Camelio à Venise, sous la double influence des modèles romains et de la gravure sigillaire,Fart delà médaille devient une spécialité de l’orfèvre. La frappe est substitué à la fonte. Les décorateurs l’emportent sur les imitateurs de Pisanello. De là un danger de sécheresse et de confusion que Caradosso lui-même n’évite pas toujours : on peut s’en rendre compte par certains de ses revers.

Nous ne possédons plus le fameux encrier d'argent de Caradosso, dont Gian Cristoforo Romano faisait l’éloge à la marquise Isabelle d’Este et qu’il l’engageait à acquérir. Nous le connaissons toutefois par la reproduction en bronze des bas-reliefs qui le décoraient, dont quelques-uns s’inspirent de la légende d'Hercule. Si les plaquettes de Moderno, par exemple, font parfois penser à des pastiches, les hasreliefs de Caradosso sont ce que l’étude intelligente de l’antique a produit de plus fidèle et de plus original à la fois. L’esprit de l’ensemble est d’un maître qui a observé la nature, qui l’a pensée d’une façon personnelle. Dans des œuvres plus grandes, appartenant à la statuaire proprement dite, on remarque un désir évident de mettre dans toutes les parties de l’expression et du sentiment: ici Caradosso voit par masses, il modèle par larges plans où se pose franchement la lumière.

Doit-on lui attribuer la belle paix d’or ciselé et gravé que conserve le trésor du Dôme, à Milan? Les armoiries qui la décorent peuvent aussi bien être celles de Léon X ou de Clément VII que celles de Pié IV : dans ce dernier cas, elle

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