‹ BérangerChapitre 11 sur 38 · LA CHANSON POLITIQUE · texte numérisé non relu

LA CHANSON POLITIQUE

Lutte contre le despotisme impérisil éloge des

Bourbons.

Dès sa plus tendre enfance, Déranger fut élevé dans le respect et dans le culte des grands principes de la Révolution. A Péronne, «ous rœil vigilant d'une tante aussi distinguée par les qualités du cœur que par celles de Tesprit, animée de sentiments libéraux, éloignée à la fois et des doctrines de la réaction et des excès révolutionnaires, il fut, comme il le dit lui-même, « bercé sur les genoux de la République (1). » Son père^ ardent royaliste, entreprit sa conversion et essaya de le guérir de ce qu'il

(1 ) Correspondance f 1 1 , p . 68.

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appelait son jacobinisme. Les convictions politiques du jeune poète sortirent intactes de cette épreuve ; elles n'en furent peutrêtre que plus affermies, de même qu'elles échappèrent complètement à Tinfluence des conspirateurs, royalistes . avec lesquels son métier de banquier l'avait mis en relation.

Et cependant, si sincère et si réfléchi que fût

son amour de la République, et bien qu4î fût convaincu que le vainqueur d'Arcole et de Rivoli ne s'arrêterait pas îiu Consulat, Déranger n*eut tout d'abord à Tégard de Bonaparte aucun sentiment d'hostilité. Il se rappelait le cri de satisfaction et de joie qu'on. ava|t poussé d'un bout de la France à l'autre à la nouvelle du débarquement de Bonaparte à Fréjus. Il estimait comme la grande majorité des Français que les Masséna et les Brune étaient impuissants à rendre la sécurité à la France, tant les désordres et ïes extravagances du Directoire avaient attristé et découragé la nation, naguère encore si fière et si confiante dans ses forces ; et, comme tout le monde, il pensait que, seul, Bonaparte pouvait tirer le pays de Tablme où le gouvernement de Barras avait fini par le précipiter. Déranger saluait, d'ailleurs, dans le Premier

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