‹ BérangerChapitre 20 sur 38 · NAPOLÉON · texte numérisé non relu

NAPOLÉON

Il pouvait donc, en chantant l'empereur, rester fidèle à la liberté; il trouvait même dans ce grand nom une arme redoutable contre la Restauration, et cette arme, il s'en servit d'autant plus volontiers qu'il vengeait du même coup la France des humiliations qui lui étaient infligées^ etqu'il la consolait du manque degloire du temps présent par la gloire du temps passé..

Donc, plusieurs chansons qui datent de l'époque de la Restauration parlent de l'empereur : elles parlent de cet homme extraordinaire, de ce « géant des batailles (1),» qui, sortant des rangs de l'armée, s'écrie et montre à tous qu'il est le « dieu du monde (2) ; » elles parlent de t sa foudre » qu'essaient de « conjurer les rois errants (3) ; » de « son habit de bataille » que les boulets ont respecté, et dont e à dix rois de leur taille » les Mirmidons feraient « dix habits complets (4) ; V de son sceptre, et si pesant et si long que lui seul peut le porter (5) ; de son aigle enfin qui après avoir volé de royaume en royaume, et annoncé partout les hauts faits du maître,

(1) Couplets sur ^ Journée de Waterloo,

(2) Le Champ (TA nie.

(3) Ibid,

(4) Couplets sur la Journée de Waterloo,

(6) Ibid. . :y

c ost tombé dans la poudre, fatigué de lointains exploits (1). »

A côté de ces chansons qui ne contiennent qu'un mot d'éloge ou de regret, il en est deux qui sont entièrement consacrées à Napoléon.

Dans Tune, le cinq Maiy le poète traduit en beaux vers les sentiments que fait naître dans l'âme d'unvieux soldat la vue deSainte-Hélène. Monté i sur un vaisseau espagnol, le vieux guerrier observe en silence cette île où « languit le héros, 3d et où s'éteint la haine de ceux-là mêmes qui jadis furent ses plus implacables ennemis. Il songe au glorieux captif. Revivant par la pensée dans des temps qui ne sont plus, il suit le grand homme dans ses marches triomphales à travers l'Europe, comme aussi, hélas I dans ses glorieuses mais terribles retraites et dans son exil, quand soudain un drapeau noir annonce au monde que celui-là n'est plus, qui « bien audessus des trônes de la terre d apparaissait <i: brillant sur cet écueil » et dont la gloire était là

Comme le phare immense

D'un nouveau monde et d'un monde trop vieux.

^lytL^ yiniM Drapeau,

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