DU COMTE PHÉBUS
L'oiseau qui m'a tant aimée Me saisit dans la ramée.
Et me dépose alarmée Entre tes bras, ô douceur!
« 0 charme ! ô transport céleste !
Sous ton baiser, j'ai soudain Repris ma beauté funeste, Triste objet de ton dédain.
C'est moi ! celle qui t'adore!
Vas-tu donc me fuir encore ? 0 mon Phébus, j'en mourrais!
Grâce, plus d'ingratitude !
Calme mon inquiétude!
Reste en cette solitude !
Aimons-nous dans ces forêts ! »
Elle dit, se tait, palpite!...
Et le chasseur éperdu, A ses pieds se précipite.
Pleurant, insensé, perdu!
Mais la douce bien-aimée L'entrahia sous la ramée ; Et l'on n'ouit sous les bois Que ces plaintes immortelles Qu'exhalent les tourterelles Lorsque l'amour met leurs ailes.
Leurs becs, leurs cœurs aux abois.
Or, les chasseurs, aux Salenques Rentraient : « Phébus aux yeux bleus.
Disaient-ils, vers Radalenques Trouve un gibier fabuleux î Est-ce Iseult? Est-ce Oriane?
Ou la déesse Diane Avec son faucon Zéphyr?
Ou le roi des cerfs qui rôde.
Paré d'un bois d'or que brode Un feuillage d'émeraude.
De rubis et de saphir?»