REGARDS VERS PARIS
indiqué une maisonnette rustique^ sur les collines du Mas d'Azil où il eût pu vivre largement dans une idylle de bois, de vignobles et de rochers^ où circule, à travers un paysage fantastique, un torrent qui s'échappe en écumant d'une grotte, comme de son urne sauvage. Mais le sansonnet d'Epicure n'était pas fait pour nicher dans l'aire héroïque des aigles d'Israël. Cette ruine à laquelle M. de Chateaubriand avait été pris comme moi, n'était qu'un artifice de popularité. A ce calcul de gloire, il faut ajouter peut-être l'inconstance naturelle du poëte, un goût perpétuel de changement, car il ne demeurait pas longtemps dans les mêmes lieux, et pendant qu'il quittait la Grenadière, pour s'installer à TourSj il tournait déjà ses regards vers Paris.
Béranger à Tours. — Jugements sur ses contemporains. — Critique littéraire.
(Mars 1838 - Weembre <83y.)
Richemont, dont Béranger me rappelait le site pittoresque comme très favorable à mes rêveries poétiques, était un château féodal, reconstruit sous Louis XIII, où même Richelieu avait, disait-on, couché lorsque le belliqueux cardinal marchait contre La Rochelle. Le vieux manoir consistait en un vaste corps de logis flanqué de deux larges tours carrées à pavillons aigus d'ardoise, massivement assis, parmi des bouquets de chênes, sur la berge escarpée d'un torrent qui, par des courbes gracieuses, descendait à travers des îles boisées et tout échevelées de vignes sauvages , et, par des prés bordés de glaïeuls à fleurs d'or, venait lentement