‹ Béranger et Lamennais, correspondance, entretiens et souvenirsChapitre 77 sur 119 · CONSPIRATIONS · texte numérisé non relu

CONSPIRATIONS

quoiqu'il ait commencé par mal parler de cet aïeul, mais à la fin il s'en est repenti. C'est sans doute sa qualité de gentilhomme parvenu qui l'avait fait mentir à son sang. Quant à moi, chétif, j'admire Rabelais, mais avec quelques restrictions qui portent moins sur ses œuvres que sur son époque, et vous savez que je ne suis pas fou du moyen âge ni de la renaissance.

«Adieu, mon cher N., Judith vous remercie de votre bon souvenir, et me charge de vous dire qu'après dix jours d'absence. Criquet nous est revenu, heureux de retrouver ses maîtres et sa patrie. C'est désormais un citadin déterminé. (31 août 1838.)

« P. S. Je lis à l'instant qu'une descente de police a lieu chez Lamennais. En vérité, le pouvoir devient trop bête. L'abbé aura été bien furieux et bien joyeux d'une pareille équipée. Il est difficile de mieux servir les gens selon leur goût. Benoît (Champy) m'a écrit qu'il travaillait, et qu'on craignait même qu'il n'altérât sa santé. Adieu encore une fois. »

M. de Lamennais travaillait alors à son Esquisse de philosophie. Mais en même temps il fréquentait les conspirateurs; il y avait dans ce Platon quelques atomes des bas démagogues d'Athènes. « Le cardinal de Retz, me disait-il un jour, n'était pas un révolutionnaire, mais seulement un factieux. » Il avait certainement quelque chose de ce turbulent abbé de Gondi. L'année précédente un petit bossu, graveur du Palais-Royal, conspirateur déterminé , était venu le voir à Sans- Souci. C'était effrayant et risible de voir ces deux nains, dont l'un était un grand génie et l'autre un grand in-

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