DE L ACADEMIE FRANÇAISE. H
été mal accueilli parle fameux Lebriin-Pindare, et que le chantre farouche de la Terreur s'était montré jaloux qu'un jeune homonyme lui dérobât un rameau du laurier lyrique. On n'aime pas son héritier^ même en poésie. M. Lebrun, qui ne put m'employer dans ses bureaux, me fit tout d'abord et avec instances des offres pécuniaires que je refusai comme celles de Béranger. J'ai depuis revu plusieurs fois M. Lebrun; je suis revenu chez lui en compagnie de Béranger; et il n'est pas de tendresse respectueuse et cordiale dont Madame Lebrun n'entourât l'illustre et puissant chansonnier. Et Béranger s'en défendait avec une coquetterie que moi, jeune montagnard inapprivoisé, je trouvais véritablement déplacée et farouche. Je trouvais que la véritable affection a plus de simplicité patriarcale; mais il voulait être à la fois populaire et inaccessible comme les dieux.
M. Lebrun me chargea de faire un article sur les Feuilles d'Avtomne de M. Victor Hugo. Il voulait que je rendisse compte dans les journaux de ce nouveau recueil de poésies. L'illustre académicien fut satisfait de mon travail; mais toutes ses tentatives pour le faire insérer demeurèrent sans résultat; il m'écrivit lui-même les détails de cette négociation infructueuse.
« Ministère de la justice, imprimerie royale, Paris, le 22 décembre J831.
« Je voulais, Monsieur, avant de vous répondre, savoir le sort de l'article que vous avez bien voulu me confier. J'en avais parlé, au moment même où vous me l'avez envoyé, à M. Yillemain pour le Journal des Dé-