‹ Béranger et LamennaisChapitre 25 sur 76 · S ROLAND · texte numérisé non relu

S ROLAND

Charlemagnc a vaincu les fils de Mahomet. 11 revient; mais l'Ibère est là sur le sommet,

D'où la grande cascade tombe.

« Ah! le César félon! Il me dit son vassal! Il est mon prisonnier ! Le cirque colossal

Sera sa colossale tombe !

Il m'a ravi Toulouse et, monarque arrogant, M'insulte sur ces monts, mon trône, où l'ouragan,

L'hiver, les glaciers sont mes gardes!

Avalanches, torrents, cernez-le dans nos ports! Vous, avec mes guerriers, volez, âmes des morts !

Vous, chantez mon triomphe, ô bardes ! »

Loup, fils de Guaifer, marche au fils de Pépin. Charles, ses douze pairs, l'archevêque Turpin,

Roulent sur leur camp qui s'effare. Roland meurt, et le Franc fugitif frissonna Lorsque, entre les deux mers, de mont en mont, sonna

Le tonnerre de la fanfare.

Gloire à Roland vaincu ! Gavarni garde encor Tes os, ô paladin, ton épée et ton cor,

Tes brèches, tes tours triomphales!

La nuit, le pâtre entend ton cheval éploré, Qui boit à la cascade, et paît au Marboré,

Et t'appelle dans les rafales!

Dans tes songes de guerre et do gloire et d'amour, Dors, paladin fidèle! Aux derniers rais du jour,

Chaque soir, doux fantôme pâle, Ta jeune amante Auda vers ta tombe descend, Et gémit jusqu'à l'heure où le matin naissant

Teint les monts d'un reflet d'opale!

Nos pères du soleil et du canon bronzés,

Sont morts aussi mordant leurs vieux sabres brisés,

Sur toutes ces cimes d'Espagne!

O Roland! tu les vis lorsqu'ils tombaient ainsi! Réponds, était-il grand notre empereur aussi,

Comme ton oncle Charlemagne?

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