LE PARADIS PERDU
Déranger, dans cette lettre, me promet de me faire la confidence de sa fortune; il ne me l'a jamais faite, que je me souvienne; il prétendait toujours des pertes pour se débarrasser des importuns. Il n'avouait guère que cinq ou six mille livres de rentes, mais j'ai su qu'il en avait en réalité de douze à quinze mille. Làdessus, il nourrissait encore une tante paternelle à Péronne, qui l'avait élevé, qu'il aimait tendrement, et qu'il allait pieusement voir tous les ans, femme aussi intelligente et distinguée que l'autre était vulgaire. Cette fortune, dont il faisait un si noble usage, était le produit de ses chansons, et, en souvenir de cette origine, une bonne partie en était donnée aux lettres et à la poésie.
M. de Chateaubriand venait de publier sa traduction du Paradis perdu. Je m'empressai de transmettre à Déranger l'éloge que j'avais lu de lui dans Y Essai sur la poésie anglaise qui précède l'épopée biblique. Cette lettre, qu'il m'écrivit en réponse, est curieuse par le jugement que le chansonnier porte sur Milton et sur Luther :
« Quand j'ai reçu votre lettre, mon cher N., j'avais déjà lu Y Essai de Chateaubriand, dont il m'avait fait renvoi, accompagné d'une lettre fort aimable, mais fort triste. Je lui ai répondu après lecture faite des nouveaux volumes, et vous sentez que je lui ai témoigné ma reconnaissance du bien qu'il dit de moi dans son livre qui, à part ce qui me regarde, m'a plu beaucoup, parce qu'il m'apprend des choses que j'ignorais. Quant à la traduction du Paradis perdu, je ne l'ai pas lue en-
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cote. Je l'ai commencée, m is l'achever mr parait difficile. S'estril truj» astreinl a son auteur, et ru résultet-il des forme» difficiles et rades a l'oreille, on a-t-il donné a l'original une originalité qu'il n'a pas? Voila
ce que VOUS DOUV6Z juger, mais dofil je il.- m'a\i>. rai
i «le décider* Dans ma réponse; effronté menteur que je suis, je lui dis qu'il m'a réconcilié avec le P< dû perdu. 11 est vrai que j'en avais l'espoir, mais je crains de rester toujours a l'opinion que m'avaient donné «le ce poème, Dupré <!<■ Saint-Maur et L'abbé Demie, .le ne demande pas mieux que d'avoir la plus
haute opinion ds Hilton, mais je m.- récuse quand il
t de ju| ouvrage qui. vraisemblablement, a
m d'être lu en auLrlai>. Au reste, savas-vous que déjà on a< i lateaubriand d'avoir l'ait taire cette
action par Par quel hasard êtes-vous
en relation avec Mauguin '. .!<• reçois le Cornu ainsi •us lirai. >i vous y paraisses. Traites bien l'auteur de René, quoiqu'il semble divaguer a propos de Luth, r. votre Luther, mais je suis tenté toutefois de plus admirer -on caractère que ion génie. H me semble avoir eu plus de force que de portée, plus de Bion que de prévoyance logique. Il me t'ait l'eue! artilleurs qui n q< les murailles, mais qui n'entrent jamais dan- la ville par la hic. In-. Lt puii qui \<»\,iit le diable. Ce n'en était pas moin- un exnt hnmme et un cosuT courageux qui a randn de . Michèle! a lait un livre bien intéressant Luther, m riblemenl gâché, et qu'avec du temps si du bon iens on < ni pu n ndre comptai et bien ii. i m juillet U .r