‹ Béranger et LamennaisChapitre 35 sur 76 · FRÉQUENTER LES GRANDS HOMMES · texte numérisé non relu

FRÉQUENTER LES GRANDS HOMMES

m'en suis jamais aperçu; C'est une nature poétique, éloquente, plus propre aux allocutions qu'à l'argumentation. Le fond de son cœur est excellent, malgré certaines habitudes qui sentent l'égoïsme naturel à sa robe, mais qui chez lui n'ont pu prendre racine qu'à la superficie. Je lui ai écrit, d'après une lettre d'un de ses parents, au sujet de propositions que Madame X. lui avait faites, et je l'ai engagé à les accepter, lui donnant sur cette dame tous les renseignements honorables que je tenais de vous- Seulement, je crois devoir vous dire à vous que si Madame X. tient à lui conserver les soins dont il a un si grand besoin et dont il est si digne, il faut lui laisser une liberté absolue. La moindre gêne inquiéterait son amour d'indépendance.

« En écrivant à Lamennais je lui ai parlé de vous, et comme j'étais sûr que, défiant comme vous l'êtes, vous ne lui feriez pas même ces prévenances auxquelles son âge et son mérite lui donnent des droits, je vous ai peint comme un peu sauvage, mais en lui donnant de vous l'idée que j'en ai. Je lui sais gré des avances qu'il vous a faites, et je désirerais que vous en profitassiez, pour vous mettre avec lui sur le même pied que vous êtes avec moi. Quand on est jeune, il ne faut jamais négliger ces rencontres; il est un temps où l'on est étonné des (rainées de lumière qu'elles laissent dans notre esprit. Je dis cela pour lui, bien entendu, et non pour moi, avec qui il n'y a pas grand'chose à gagner; mais le peu que je vaux je le dois bien plus aux hommes que j'ai cultivés qu'aux livres que j'ai lus.

« Lamennais, qui m'écrit en même temps que vous, me dit que Madame X. l'a chargé de m'engager à vi-

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iter votre > v ici, quand j'irais à Paris. Je doute |ue cela me soit possible et j'en ai grand regret, fanai tant a faire a Paris, qu'il est sur que je n'aurai pas rois jours a donner a ce voyage. \ ous sei ei -ans doute |ors dans les Cévennes. Il est bien fâcheux que la Greladière oesoil pas sur voire route. En vous écrivant irde sur la carte que je connais tort peu, et 6 vois qu'il ne tiendrait qu'a \ous de passer par ici, toit en allant, soit en revenant. Il nie semble que votre •heinin ne l'aUongerail pas beaucoup. Tâchez de faire et effort. .)«■ ne veux me mettre en route pour la Pinrdie que vers le i<> août. Voyez ce que vous pouvez

faire. Adieu.

» .le vous Charge d'une petite lettre pour l'abbé, i!» juillet 1837. »

M. de Lamennais, a la campagne, n'avait aucune façon

singulière de travailler, commeBuffon, par exemple, qui

polissait i >ei niant la nuit ses phrases splendides, et Rous-

t dans l' a boit ses h trangui - .m genre

humain. Il Be levait après lf soleil, écrivait jusqu'au

déjeuner, et c'était la SOU meilleur travail, et puis reprenait son labeur jusqu'à cinq heures] ou nous dînions. 11 mangeait solidement; il est vrai que, dépourvu de dent-, il ne faisait que sucer les viandes dont

il rejetait le- détritus par petit- peloton-. Il aimait leS

viandes fortes, le- vins chaleureux, le- épi< es brûlants, rai, il préférait le- choses violentes, et son estomac, en cela, in- différait pas de ion esprit ni de son

:. il et. lit moins sobre que Béranger. Il n<>u- raut qu'à -on dernier voyage i Rome, -étant retiré

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