CONTEMPORAINS
prêtre et ce tribun de nos jours eût été dans les temps barbares un émule de Gwinclan et de Myrdhin, et, par une singulière coïncidence, cet homme dont le nom est druidique, habitait, dans La Chênaie, un ancien sanctuaire druidique des bords de l'Océan.
Je l'interrogeais sur ses contemporains et notamment sur le comte de Maistre. « Je Fai beaucoup connu; je l'ai vu à la cour de Turin, car, ajoutait-il avec une certaine confusion, je fréquentais alors ces despotes italiens. Il voulait me persuader que les races royales avaient dans le sang quelque chose de surnaturel, et cela lorsque ces trônes catholiques étaient occupés par des crétins couronnés. C'était une nature alpestre, un esprit radicalement primitif mais qui, avec toute son originalité, n'a pu s'élever jusqu'à la grande éloquence: il manquait d'ailes. » Il disait de M. de Bonald : « C'était un homme de génie. » Voilà, sous la restauration, le trio du parti théocratique : M. de Lamennais en était l'orateur, M. de Bonald le législateur, M. de Maistre le prophète. Un certain platonisme politique était le fonds commun de leurs esprits et de leurs conceptions bretonnes, rouergannes et savoyardes. M. de Chateaubriand se détachait de ce groupe par un constant amour de la liberté. M. de Lamennais, tout en rendant justice à son génie poétique, blâmait la pompe et le faste de son style, et les prodigalités de sa vie de prince. Il n'était pas content d'O'Connel. Il lui avait, dans le temps, envoyé des secours pour ses Irlandais. Plus tard, il voulut entraîner le grand agitateur insulaire dans les révolutions du continent. Le spéculateur et perspicace harangueur de Dublin ne répondit pas à cet appel des déma-
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gogues de France, il était alors de mode de glorifier outre mesure les poèmes mystagogiques de Ballanche. est un fade breuvage, disait M. de Lamennais, un mélange du miel de Pénelon el du laitage de Ploriao. » Et Béraoger ajoutai! : « Son style est comme 8a figure : il a un air <1<- sphinx. » Depuis que M. de Lamennais donnait dans la démagogie, M. Sainte-Beuve, par une évolution contraire, se retournai! vers lf pouvoir. Le tribun breton fui très sensible a l'abandon du critique normand, dont les premières Inutilités éclatèrent,. je crois, contre les Affaire* de Rome» « Je l'ai rencontré depuis, disait-U, dans le quartier de l'< kléon : il a d'abord balbutié je ne Bais quoi, puis, loul interloqué, il a baissé la tète. Sa critique n'est que du marivaudage. » M. Vil-
leinain avait quelque peu inecounu le génie de If. de Lamennais Le Irait était leste dans son cour. Il disait a propos de Grégoire vil: tCesl ^^' épopée que la vie de ce pape. Villemain nous promet son histoire. 11 ne l'achèvera pas, je l'en défie. • Quand les Voû de If. Victor Hugo parurent, j'en présentai le volume a M. de Lamennais, el nous lùmts ensemble L'élégie sur la mort de Charles \. A ces vers : Sombre* eanom
Cette touchante exclamation : Do\ . /i/s
,!,■ France! il se récria d'admiration. « Voilà, disait-il, de superbes mouvements lyriques, i <-t le républicain breton ajouta un mot d'éloge funèbre sur ce dernier des f i • - f i — . I que de M. de Lamennais était instinc-
tivement admintive ai portail sur les pensé* s; celle de Béranger -tait négative et portait ^w les mots. \ la mort du roi de Rome, je lui montrai a Passy iode de M. \ . flugo, imprimée dans un journal. Le chansonnier