PAYSAN CHAMPENOIS
éplucha brin à brin le poëme, et quand ii en Fut à ces
vers :
Seul être qui pouvait distraire sa pensée Du trône du monde perdu,
il s'écria : « C'est par trop fort! Trois m dans un petit vers ! » Au surplus Déranger et M. de Lamennais n'avaient qu'une voix sur le génie poétique d'Hugo, qui n'avait h leurs yeux que le tort grave de brutaliser systématiquement le délicat et magnifique organisme de la langue française.
Chez M. de Lamennais le théocraie survivait encore dans le démagogue. Grégoire VII était son héros sacerdotal. Il faisait dériver maintenant la liberté, comme autrefois le despotisme, de la papauté du moyen âge. Un jour que nous nous promenions dans les bois de Sézanne, je le priai de m'expliquer sa thèse étonnante, car pour moi le démiurge du monde moderne c'était Luther. Il prit les ailes de Platon et s'élança dans les nuées. Pendant que ce Phaéton roulait sur son char, à travers les constellations, en incendiant le ciel, nous arrivâmes au bord d'un ruisseau. Un paysan d'un village voisin, courbé sous un fagot de bois mort, s'y reposait sur un pont, adossé au parapet. Nous lui demandâmes le nom de ce village situé à une lieue environ de Sans- Souci, du coté du levant. Ce paysan bavard se mit aussitôt à nous raconter, avec son accent champenois, l'histoire des querelles de l'empire et du sacerdoce dans sa commune : la femme du maire et la servante du nue se prenaient journellement aux cheveux; elles se tuaient réciproquement leurs poules dans le potager, et mutuellement se ravageaient leurs poireaux et leurs lai-
grand renfort d laie <•' de crapi
Il d'Apollon, qui trébucha du ciel d de l'Eridan, ne ( )i,i - de plui h ut que M. d L -
inclinais qui. « 1 * - BOfl Idéal Ui« •« . -r. i * i ■ tm •' . tombait InO
nément dam les fai cléricalisme rustique. Il
souffrait cruellement* non pas t.mt de l'hi !l< -
même, que < éfutation villageoise de son s;
d il coin; '
samnxMit devant moi le fau\c narrateur. '
d'aï racher mon compagnon à ce \ n narqu
qui s'acharnait innocemment à terminer l'interminable
épopée des rats el des grenouill Champagne
pouilleuse.
M. (1>' Lamem it à nos études; il lit tra-
duire à mon élève <li\ vers du VI« livre de V Enéide. Rien de plus médiocre que son corrigé, il était évid< aussi incapable de rendre Virgile que lî re-
jundi.ii. i nie ne traduit pas. M. de Lan
it luit mal le latin et attribuai! la complète in- • d'écrii tte langu tude
qu'il m a\ait lait.' solitairement, lai cela, il «'tait inférieur aux grands doct< llicans, les Amauld.
Bo aelon. Il voulut voir ■ <11"' ir nal'~
bouillais : je n'osai pas lui montrer mes p l>\ i .ii- ens, bien qu'ils eussent obtenu !<• sufl »uve-
rain de ; >umis a l'illustre pro
Iquea fragments de mon histoire cévenole que j'éi. \| \ idemment lui étaient
: il d tign ; pourtant « n lin
qu'il en |>< naait. Il Wàm i d mon oeuvre ce qu il appelait le < oté juif . i dire le
l"2l ETUDES.
point de vue protestant et biblique. Il loua la spontanéité du style, sa mâle rudesse, sa vigueur ardente, et comme il disait, sa fierté castillane. J'étais assez jeune encore pour recevoir sa parole comme celle d'un oracle, et m'enfonçant dans le parc, je fus, pendant plusieurs heures, comme emporté par des ailes et roulé dans un tourbillon.
en Tooraine. — Sa villa de la Grenadière. — il cultive • i.ùt un catéchisme populaire. —Sou bonheur solitude.
kÔÉf (s. -,
J'avais largement ébauché mes ( amtsordê; je résolus d'aller, avant d'y mettre la dernière main, visiter les l rennes. La géographie esta l'histoire coque le p j
i la peinture. Il faut peindre les hommes avec leur terre el leur ciel, •!<; partis de Pai is le 15 août 1837, 1 1 par Moulins, Clermont, Saint-Flour, j'arrivai dans la
re, !»<• Plorac, à pied, 1«- bâton a la main, mon (!.• soldai sar le dos, je parcourus ces i hampe <!<• l»ataille et <1«' martyre. L'été était dévorant, je tombai malade sous ee climat africain; j'allai en haie demander ma guérison aui Pyrénéi I vue des m igi - du
.H <Imh( je découvris la cime <1« ss hauteurs de