FONTENAY-SOUS-BOIS
J'arrivai en octobre à Fontenay-sous-Bois. Je fus reçu à bras ouverts. Jamais Béranger ne fut ni plus cordial ni plus caressant.il logeait seul dans sa maison; Mademoiselle Judith redoutait l'humidité; ce qui lui faisait matelasser sa vieille tête d'une douzaine de bonnets posés l'un sur l'autre,, sans compter sa perruque blonde; c'est pour cette raison Je pense,, qu'elle couchait un peu plus haut dans le village, et c'est là qu'on me donna aussi une chambre chez une vieille femme veuve nommée Madame Lacroix. Mais la maison du poëte était le domicile officiel. Je retrouvai là mon ami Criquet, ce chat philosophe qui naguère avait donné à son maître une leçon de sagesse et d'indépendance en revenant à la Grenadière malgré l'impopularité. Il avait vieilli dans ses voyages à manger les souris et à étudier les hommes, et cet enfant de Fontainebleau devait terminer à Paris son odyssée. Mademoiselle Judith, son excellente maîtresse, lui avait, donné pour compagne une belle minette angora à fourrure ardoisée et ondoyante, et l'heureux Criquet se voyait revivre dans une jeune postérité de matous héritiers de son pelage gris bariolé de noir. Béranger n'aimait pas les animaux, ni, je crois, les enfants; mais il les souffrait et parfois s'en amusait; il était plaisant de voir ces petits chats grimper sur le dos du poëte, et l'un d'eux se camper fièrement sur sa tête dans l'attitude du tigre d'argent qui formait le cimier du casque de Clorinde.
Béranger vivait inconnu à Fontenay : le poëte, comme
un vieil oiseau avide de silence, se cachait dans les
bois. Il était heureux lorsque, défiguré par des besicles
' son large chapeau sur les yeux, il passait, sans être
;\>oiu HT. 191
Onu, à côté d'anciens amis en promenade dans la ■. Quelques intimas cependant venaient le visite? en secret. Je via là quelques instants madame r>.. une fort belle femme, dont on vantait beau< oup la bonté, M qui depuis a épouse M. Scribe. Le chansonnier était en délicatesse av< i le vaudevilliste. L'auteur comique, rs de : éception a l'Académie^ avait prétendu que les chansons de Béranger étaient dos odes. it aristocratiser les chants populaires du chansonnier. Il voulait être un chansonnier et non un poète;
quand par hasard on lui parlait desa muSBJ il ne manquait jamaii d'ajouter aussitôt ce diminutif : sao snan tettel 11 lui plaisait d'être le roi «1rs chanteurs de carrée grand homme avait une multitude de petits mai. renommée. Dans !«' cas actuel, c'était, on
oit, une querelle de famille, et .Madame Scribej amie un et épouse du Vaudeville* dut sans peine réconcilier 1«- frère <•! la sœur.
.1.' revis aussi a Fontenay un adjoinl de Tours dont, par reconn . l'aurais du conserver !<• nom ; mais
j'ai la mémoire du coeur. Je lui rappelai un dote qui me revint avec le souvenir d'une ballade populaire entendue enfant dans mon pays. En 1MV.
née de la Loire n'était s< de l'armée pi usv
sienne que pu- le fleuve. Les dames légitimistes de
Tours Voulurent aller rendre visite SUr faillie ii\
leurs amis les Prussiens. La sentinelle française leur
permit le | lu piuit; mai- le soir, quand I I - n<>-
dames, après uni fête dans le camp
e disposecenl h rentrer dans I . les
baioini" ut et leiu- Imikk ni