‹ Béranger et LamennaisChapitre 59 sur 76 · ESQUISSE D UNE PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

ESQUISSE D UNE PHILOSOPHIE

nouit mon rêve que mon histoire aurait un succès de roman de Walter Scott.

Je revins m'établir dans ma cabane et sur mes rochers de la Charente. V Esquisse d'une philosophie de M. de Lamennais avait paru. L'auteur nous en envoya un exemplaire dans notre désert; je dévorai ce livre célèbre : philosophie néoplatonicienne, écrite avec la plume de Platon. Le système était d'Alexandrie, mais le style était d'Athènes et du grand siècle. J'en écrivis mon enthousiasme à Béranger. Il me répondit (22 décébre 1840):

« Puisque vous avez Y Esquisse d'une philosophie, lisez et relisez cet admirable ouvrage qui m'a causé une joie indicible. Figurez-vous que le peu de métaphysique que ma pauvre cervelle s'est faite est dans un rapport presque absolu, aux termes près, avec le vaste et magnifique système de Lamennais. Jugez, d'après cela, de mon bonheur en voyant son autorité venir à l'appui de mes réflexions. Et puis que de science ! quelle supériorité d'analyse et de logique ! quelles sublimes conséquences tirées de tout cela ! Et comme il parle de la philosophie et de l'art ! Puis enfin dans quel style ce livre est écrit. Moi, que le style occupe tant, j'ai été dans un ravissement continuel à voir comme cette plume divine se joue de toutes les diilicultés. Lisez et relisez ces pages; c'est un des plus beaux modèles que vous puissiez prendre, dussiez-vous, comme moi, ne faire que des chansons. Je viens de lui écrire; en lui peignant mon enthousiasme, je ne puis m'empêcher de lui prédire peu de succès. Le temps

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n'est pas h de pareils ouvragi s. Je lui exprime l'espoir que rAllem plus attentive à son œuvre- Je !<i

souhaite : ou je suis étraogemenl dans l'erreur on mennais vient de se placer au premier rang des grands hommes de notre nation. Mais nos neveux seuls reviendront sans doute. »

Nous avons vu qu'une descente <1<* police avait - a lieu chea M. de Lamennais. Bientôt api s, son ami

ii, l'Esope du Palai I . fut mis en pri

Lui-même fui appelé <1«\ ml le juge d'instruction, ainsi que M. ' te Billiard, l'Alcibiade des révolutions. Il était accusé de fabrication clandestine <l«' poudre. L'homme qui naguère reforgeait les foudres éteintes de la papauté, accusé maintenant «le fabriquer touches de l'émeute et de l'assassinai!... Quel triste abaissement du g$nie! mais quelle aveugle animosité du gouvernement ! Ils y mirent le comble, l'un en écrivant un indigne pamphlet (outre la chambre des paii -, l'autre en faisant Don moins indignement condamnera la prison l'illustre pamphlétaire. M. <!<■ Lamennais lut

ie en janvier 1841, quelques jours après la publication «le VEsqv ise, livre immortel qui, dans la • I intique, lui eût valu <l< > statues.

\ i -• premiei ond

non moins affligeant pour les clairvoyants .uni- de la raonari I juill< t. M. de Lamennais fut mk en pii-

quelques jours après que les cendres & N ipoléon, ramenées <le Saint< M al triomphalement

dam Pai is. Ui • nient infidèle à -«ai ori-

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