ADIEUX A DES AMIS
Ces couplets sembleraient quasi faits pour le refrain, d'un tour assez piquant, et toutefois prêtant moins qu'on ne le croirait d'abord :
Mais Liseitb est si jolie!
Mais si doux est le bon vin I
« Parbleu! dirait le docteur, c'est présisément parce que l'un et l'autre plaisent à ce point , qu'il s'en faut
défier: s'ils éveillaient moins le désir, Tabus n'en serait à craindre. » Mais quoi ! la réponse du chansonnier est la nôtre à tous : « Il est si doux d'avoir beaucoup d'argent, et du pouvoir, et des titres, et des honneurs ! Torchons donc de noiïs procurer le plus possible de toutes ces bonnes choses l- et fouette cocher ! que la folie nous mène, grands et petits ! et nous sauve de la raison, qui, non moins que le médecin , défend le cabaret et les maîtresses. »
On pourrait, grâce aux plaisirs, Aux fatigues du voyage Opposer d'heureux loisirs.
Ces vers sont à citer, non pour les deux aux, échappés à une oreille délicate, mais parce qu'ils donneraient lieu à une question singuUère et tout à fait paradoxale; à savoir, si ce ne sont pas précisément les plaisirs qui ajoutent aux fatigues du voyage? Sans songer à la résoudre ici, on peut faire observer du moins que les fatigues diminuent à mesure que le voyage tire à sa fin, c'est-à-dire à mesure que le voyageur recherche et goûte moins les plaisirs en question.