‹ Béranger et ses chansonsChapitre 164 sur 269 · LE CONTRAT DE MARIAGE · texte numérisé non relu

LE CONTRAT DE MARIAGE

Cette chanson montre ce qu'aurait pu faire Béranger dans le conte et la comédie, et donne à penser sur certaines prétentions de famille.

m BERANGER

Le roi, disait -on, a signé Son contrat de mariage.

Le roi ne signait que pour les gens haut placés ; et, si ce proverbe avait cours en effet, il pouvait trouver son explication dans cette image si juste et si gracieuse de certain enfant, qui, entr'ouvrant, un jour la porte des Muses et les voyant au travail, n'ose entrer. Or, les grandes dames, dont le roi signait les contrats, s'inquiétaient assez peu des Muses ou d'une besogne quelle qu'elle fiit, et dès lors, pour faire quelque chose, faisaient l'amour. Or, l'amour entraîne le résuUat dont il s'agit.

Sous ce rapport, n'est-ce pas chose plaisante qu'une généalogie?... DeiLx augures ne pouvaient , assuret-on, se regarder sans rire : et deux gentilshommes, se contant leur descendance?... Brantôme, Bussy, des RéaiLX et tant d'autres n'en ont-ils pas trop dit?

LE'cHAy'T DU COSAQUE.

Jamais certes Cosaque n'a chanté de la sorte, et Béranger a rarement mieux écrit. Même s'étonnerait-on de son idée de mettre en scène un pareil personnage. Avoir vu ces Messieurs campant aux Champs-Elysées, suffirait de reste , et de si beaux vei*s auraient gardé leur prix en sortant de bouches moins repues à nos dépens. Le refrain, il est vrai, ne fait pas de celui à qui on le prête, plutôt un Russe qu'un Américain ou un

Turc; mais tout simplement un sauvage, ne tenant à rien, sinon à soi et à sa bête, ne pouvant tenir même à ce qu'on lui fait dire, tant il le doit peu comprendre. Ce chant n'est inférieur en effet à aucun autre pour l'énergie, la fierté, l'éclat des images et des idées. Hormis le prompt au pillage du premier couplet, et, dans le second, les mots commençant les quatrième et cinquième vers, dont le sens implique une sorte de contradiction, rien n'y semblerait à reprendre. Il ne plaisait cependant que médiocrement à son auteur, qui lui reprochait trop de pompe et d'apprêt.

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