‹ Béranger et ses chansonsChapitre 169 sur 269 · LA FUITE DE L'AMOUR · texte numérisé non relu

LA FUITE DE L'AMOUR

Espèce de romance, sans beaucoup de passion dès lors, ni surtout d'idées : Béranger était trop penseur et trop peu amoureux pour bien traiter de pareils sujets. Aussi toutes ces plaintes laissent-elles le lecteur assez calme, et, au surplus, le troisième couplet le rassurerait, s'il y avait lieu. La liste qui s'y trouve, en effet, n'est pas sans doute complète, et suffirait déjà cependant. Regretter tant de bonnes amies à la fois, et rappeler ainsi les diverses façons de procéder avec chacune d'elles, montre moins un homme souffrant du poison des traits et des sombres feux, que disposé à fredonner la définition d'un opéra de jadis :

Le plus charmant amour Est celui qui commence Et finit en un jour '.

A quoi Bernard, dit le Gentil (pourquoi?), ajoute de

son côté :

A peine on le goûte

Qu'il n'est déjà plus.

Comme on voit, il durait peu alors; mais, grâce au progrès de toute sorte, sa vie moyenne s'est accrue, et, au lieu du vieux couplet :

L'Amour n'est, dà! qu'un oiseau de passage.

on a pu chanter :

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