‹ Béranger et ses chansonsChapitre 232 sur 269 · COUPLET AUX JEUNES GENS · texte numérisé non relu

COUPLET AUX JEUNES GENS

La jeunesse était un titre aux yeux de Béranger et non le moindre. Les jeunes gens en effet, sans intention comme sans effort, se montraient avec lui plus convenablement peut-être qu'avec qui que ce fut. D'une part, cédant à l'autorité de son caractère et à l'éclat de son esprit et de son nom, de l'autre, enhardis par la bienveillance de son accueil, ils devenaient à la fois discrets, modestes et riants. Aussi, quoiqu'ils ne songeassent pas le moins du monde à le tromper.

les connaissait-il assez mal. Effet d'un grand nom, valant sous ce rapport un haut rang, et donnant plus ou moins à ceux qui l'approchent, comme le soleil au caméléon, ces couleurs brillantes, bientôt s'effaçant loin de lui. Béranger savait juger les hommes de son âg ^ : sa sagacité même à cet égard devenait parfois merveilleuse; mais au-dessous de vingt-cinq ans on lui échappait,

Et trompé par l'air encor tendre, Dieu sait combien de fois il a dû prendre Des louveteaux Pour des agneaux !

(( Votre Béranger est un imbécile, » me disait sa vieille amie, si pi ine de finesse. Elle ne le croyait qu'à demi cependant, ni moi.

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