LES ORANGS-OUTANGS
Casti, dans son trop long poëme, et où, grâce au vieil âge, (malgré, si l'on veut), il n'a épargné l'esprit ni la bonne humeur, parle aussi de l'orangoutang :
D'un poil touffu le hideux assemblage A chaque joue offrait un noir ombrage.
Et désormais tout galant damoiseau Se fit pousser du poil sur le museau ; L'Orang-outang ainsi donna la mode.
Casti ne dit rien du tabac, qui remplit tout ce poil d'un si étrange parfum.
Pourquoi l'homme est- il notre roi ?
Quoi que dise ton refrain, pourrait-on lui répondre, l'homme donc ne te singe pas du moins en cela; car tu n'as jamais prétendu te donner pour son roi ; et lui se déclare le tien, et le prouve, en te mettant en cage. Mais ce dont il se fait singe, en effet, c'est du voisin , du prochain; l'épicier singeant le banquier, celui-ci le marquis , le marquis les princes ;
Tout marquis veut avoir des pages.
Et, sans trop s'avancer, ne pourrait-on soutenir qu'après les besoins de nature, le besoin le plus grand pour chacun de nous est qu'on nous trouve semblable
à tel ou tel, et, s'il se peut, supérieur. Sous ce rapport, Jean de Paris ^ c'est Jean de France, Jean de Prusse et d'Espagne, Jean d'Afrique, d'Amérique et de partout.