‹ Béranger et ses chansonsChapitre 29 sur 269 · LE COMMENCEMENT DU VOYAGE · texte numérisé non relu

LE COMMENCEMENT DU VOYAGE

Chanson faite pour la naissance d'une fille de son ami M. Quenescourt.

Rien n'est plus élégant, plus correct, plus rempli de jolis mots et d'images gracieuses; mais le sujet vaut moins qu'il ne semble. Aussi croit-on sentir dans ces couplets un peu d'effort et de recherche. Que dire en effet d'un nouveau-né, sinon qu'on lui souhaite... ? Quoi? ... On paraît compter ici sur la figure, et de là d'heureux présages , car on tient pour beaucoup une jolie figure. Or, tout bien se paie, et celui-là surtout. Une femme qui fut belle et le savait , s'étonne qu'on s'applaudisse de l'être : Suivant elle

On a tort de comptor la beauté pour un bien ; A l'examiner, il n'est rien Qui cause autant de chagrin qu'elle.

Voyez, en effet, les héroïnes des contes, accomplies de tout point : il faut qu'elles pâtissent pour la joie du

ET SES CHANSONS. ih

lecteur. Le malheur des laides devrait le remuer autant ; mais il y croirait moins ou n'y croirait pas. Plus au contraire est belle, gracieuse, ravissante la pauvre créature, plus on la peut accabler, sans que la vérité en souffre. Ricbardson a fait de Clarisse une telle merveille, qu'il a toute liberté de la torturer à son gré.

Grande joie aux naissances, grand deuil aux funérailles ; et entre les deux c'est à qui médira de la vie ! 0 logique !

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