LE COMMENCEMENT DU VOYAGE
Chanson faite pour la naissance d'une fille de son ami M. Quenescourt.
Rien n'est plus élégant, plus correct, plus rempli de jolis mots et d'images gracieuses; mais le sujet vaut moins qu'il ne semble. Aussi croit-on sentir dans ces couplets un peu d'effort et de recherche. Que dire en effet d'un nouveau-né, sinon qu'on lui souhaite... ? Quoi? ... On paraît compter ici sur la figure, et de là d'heureux présages , car on tient pour beaucoup une jolie figure. Or, tout bien se paie, et celui-là surtout. Une femme qui fut belle et le savait , s'étonne qu'on s'applaudisse de l'être : Suivant elle
On a tort de comptor la beauté pour un bien ; A l'examiner, il n'est rien Qui cause autant de chagrin qu'elle.
Voyez, en effet, les héroïnes des contes, accomplies de tout point : il faut qu'elles pâtissent pour la joie du
ET SES CHANSONS. ih
lecteur. Le malheur des laides devrait le remuer autant ; mais il y croirait moins ou n'y croirait pas. Plus au contraire est belle, gracieuse, ravissante la pauvre créature, plus on la peut accabler, sans que la vérité en souffre. Ricbardson a fait de Clarisse une telle merveille, qu'il a toute liberté de la torturer à son gré.
Grande joie aux naissances, grand deuil aux funérailles ; et entre les deux c'est à qui médira de la vie ! 0 logique !