SABLE
On est heureux que ce portrait, d'ailleurs fort exact au point de vue moral, soit signé de M. Veuillot. On est heureux de voir ce dévot, convaincu que hors l'Église il n'y a point de salut, constater jusqu'à quel point la plus belle de toutes les vertus, la charité, remplissait le cœur d'un impie, et prouver quelques jours après, par la brutaUté et l'indécence de ses attaques, combien cette même vertu reste étrangère au plus éloquent et au mieux doué, intellectuellement parlant, des orthodoxes apostoliques et romains.
Pourquoi, du reste, nous féhciter et féliciter M. Veuillot de cette impartiaUté inattendue, de cet honunage à la vérité ? Où nous serions tenté de voir l'équité d'un honnête homme faisant loyalement la
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part du bien chez un adversaire politique et religieux > il y a simplement la ruse oratoire d*Escobar édifiant un grossier mensonge pour la plus grande gloire de Dieu peut-être, mais à coup sûr pour la plus grande satisfaction de notre sainte mère Église. — M. Veuillot mielleux, c*est Béranger calomnié :
Nous sommes, nous sommes jésuites : * Français, tremblez tousl nous tous bénissons.
Après cette entrée en matière, longue et nécessaire, M. Veuillot arrive enfin à la maladie de Béranger.
Le curé se présenta^ parla de Dieu et fut bien reçu. Plusieurs visites suivirent; le malade lui-même les désirait. Il y en eut une
qui se passa sans témoins. Après un entretien confidentiel
le malade voulut recevoir le pardon, c'est son mot^ en présence des amis qui rentouraient habituellement. Il fit avec respect le signe de 'la croix, récita une profession de foi et l'acte de contrition, et reçut avec la bénédiction du prêtre le pardon qu'il demandait. Le lendemain^ il fit appeler M. le curé * et lui dit^ devant toutes les personnes qui étaient là : « Encore le pardon, » M. le curé pensa qu'il sollicitait ainsi Vabsolution sacramentelle et la lui donna. M. Béranger montra^ dans ces circonstances, et particulièrement les derniers jours^ des sentiments chrétiens ; il invoquait les saints et les martyrs ^ et
^ « J*ai plusieurs prêtres de mes amis qui meurent d*envie de me donner l'absolution; mais leur absolution ne me tente pas » (Paris, 19 septembre 1855). — {Corresp., t. IV, p. 289.)