‹ Béranger, ses amis, ses ennemis et ses critiques (volume 2)Chapitre 3 sur 67 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

Vous pensiez encore que le public accueillerait avec satisfaction un écrit de bonne foi, conçu en dehors de tous les partis pris, où l'on s'attacherait à lui faire mieux connaître le vrai Béranger, en opposition avec le Béranger de fantaisie qu'amis et ennemis nous ont, à tour de rôle, peint sous les couleurs les plus exagérées et les plus fausses.

Encouragé, décidé par vous, j'ai compris qu'en effet le travail auquel j'allais me livrer pourrait avoir son utilité ; je me suis convaincu qu'une étude critique des Critiques du chansonnier pouvait fournir l'occasion de mettre en lumière bon nombre de vérités trop méconnues, de rappeler des faits trop oubliés ou dénaturés à dessein.

J'ai donc laissé de côté, dans Béranger, le poëte, l'homme littéraire, qui, à vrai dire, n'a jamais été attaqué sérieusement, bien qu'on ne l'ait pas toujours apprécié avec justice.

Ce qu'on avait calomnié, immolé, c'était l'homme et le citoyen : c'est l'homme et le citoyen que je me suis appliqué, non pas à défendre, mais à restituer, pièces en mains.

Pour cela je me suis placé au point de vue historique ; j'ai parlé de Béranger, de son rôle et de son influence ; j'ai analysé, — d'après ses lettres et . ses autres écrits, — ses opinions morales, philoso-

Page 1