‹ Béranger, ses amis, ses ennemis et ses critiques (volume 3)Chapitre 27 sur 68 · LE FIGARO · texte numérisé non relu

LE FIGARO

l'autre pour le profit de tout le monde et pour le mien. »

Plus tard, lorsqu'il citera un passage audacieusement tronqué in livre de M. Proudhon •, il pourra, avec le même succès, faire encore la même réponse. — Est-ce lui qui parle ? Ma foi, non I c*e8t M. Proudlfon; qu'on s'en prenne au terrible révolutionnaire! — Si on lui demande pourquoi il a choisi et rapproché toutes les expressions défavorables au poète populaire, pourquoi il a supprimé tous les éloges et commis de la sorte un mensonge en trompant le pubUc sur les sentiments véritables de M. Proudhon à Tégard du chansonnier, il s'écriera, avec une pirouette, qu'il a beaucoup connu Basile et beaucoup profité de ses conseils.

En 1860, seulement, Figaro trouve le courage de dire sa pensée sur l'homme que tous les partis ont plus ou moins attaqué, dont la popularité n'est plus à ménager, et qui lui semble assez mort pour qu'il ose le tuer. Alors, animé d'une résolution inébranlable, il brandit son rasoir, et M. Jouvin apparaît au dernier moment, comme le Dms ex machina de la comédie antique.

Le gendre de M. de Villemessant a consacré trois articles à Déranger, du 1" avril au 10 mai. Celui du 15 avril contient seulement les excuses de l'écrivain pour le long retard qu'il apporte à l'exécution définitive du patient laissé pendant six semaines sur le chevalet.

Nous citerons peu de choses de ce travail si lon-

« X>t laJusUu dan» la MMMion «( datif VÊgUse, 1858,

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guement caressé, si parfaitement insignifiant, et tout à fait pitoyable au point de vue du style et de rhabileté. Il ne contient rien de nouveau. Venu après tout le monde, Figaro glane ses injures de côté et d^autre, ramasse les gros mots de MM. de Pontmartin et Veuillot, cueille avec soin les allusions de M. Sainte-Beuve, collectionne les passades les plus véhéments du réquisitoire de M. iPelletan, et donne à ses lecteurs, avec une solennité risible, ce plat réchauffé où il ajoute quelques piments de son cru. Il vient dire au chansonnier mort depuis trois ans :

Vous avez servi des rancunes, vous avez flatté des passions, vous avez excusé et absous des actions mauvaises^ que vous jugiez telles^ mais dont vous espériez le triomphe de vos principes ; puis^ ce triomphe obtenu^ vous Tavez regretté^ que dis-je ? vous l'avez déserté !

Ici M. Sainte-Beuve intervient avec le mot prétendu de Béranger à Chateaubriand sur la RépubUque, puis le féroce Andaloux reprenant la parole se livre à une véritable orgie de figures de réthorique. Il nous montre a les monomanes d'athéisme » décorant Béranger des singuliers titres de « Philopudmen de VincréduHté9 et de ^Rienxi de la gaudriole, » Alors, empruntant à M. Veuillot son genre de facéties épicées, ses jeux de mots attiques *, il annonce, urbi et orbi, que Béranger trouvait « du ragoût aux confidences d'une cuisinière et du parfum au suffrage d'une harengère. »

* Voir ci-dessus, p. 175, « les gax de rétablissement Havin, rhâleine du cordoimier po6te, » etc. (L. Veuillot).

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