LE CHAPELET DU BONHOMME
ir Sur le chapelet de tes peines, Bonhomme, point de larmes vaines.
— N*ai -je point siyct de pleurer ?
Lasl mon ami vient d'expirer.
— Tu vois là-has une chaumière :
Cours vite en chasser la famine ; Et perds en route, grain à grain.
Le noir chapelet du chagrin. »
Bientôt après, plainte nouvelle.
— «( Bonhomme où ta blessure est-elle?
~ Las Ml me faut encor pleurer :
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chercher dans la poésie un simple délassement de l'esprit, et de s'abandonner passif à Tinspiration, fille capricieuse de la fantaisie. Il se dit qu'ayant une faculté spéciale, cette faculté lui imposait des devoirs spéciaux aussi et plus exigeants; qu'il devait l'employer au profit de tous, et la faire servir à Futilité générale. Ainsi doué, dans sa jeunesse, d'une inspiration abondante et facile, il se voua au travail
Mon vieux père Trient d'expirer.
— Cours ! Dans ce bois on tenu un criwke : Arrache aux brigands leur vicHme;
Et perds en route, grain à grain, Le noir chapelet du chagrin. »
Bientôt après, peine plus grande.
— « Bonhomme, les maux vont par bande.
— Las! J'ai bien sujet de pleurer :
Ma compagne vient d'expirer.
— VoiS'tu le feu prendre au viUage ?
Cours Véteindre par ton courage ,•
Et perds en route, grain à grain, Le noir chapelet du chagrin. »
Bientôt après, douleur extrême.
— « Bonhomme, on rejoint ce qu'on lime.
— Laissez-moi, laissex-moi pleurer :
Las 1 Ma fille vient d*expirer.
Cours au fleuve : un enfant s'y noie.
D'une mère saufte la joie ; Et perds en route, grain à grain, Le noir chapelet du chagrin. »
Plus tard enfin, douleur inerte.
~~ « Bonhomme, est-ce quelque autre perte ?
— Je suis \ieux et n*ai qu'à pleurer : Las I Je sens ma Torce expirer.