‹ BercyChapitre 121 sur 133 · Archives Nationales. F. 2, II, Seine · texte numérisé non relu

Archives Nationales. F. 2, II, Seine

nant planté et les eaux sont conduites à une bonde qui est au point le plus bas du parc.

Le ruisseau de Montreuil reçoit les eaux de quelques rues de Vincennes notamment d’une partie de la rue de la Pissotte. Cette rue, habitée principalement par des nourrisseurs de bestiaux, jette des eaux très chargées de matières animales. Les eaux de la route royale, dans la pente comprise entre le château de Vincennes et le ponceau qui la traverse, viennent aussi se rendre dans le ru.

Le ponceau dans toute sa longueur, à une vingtaine de mètres à son amont, sur une quadruple longueur à son aval, est constamment comblé de matières vaseuses produisant des exhalaisons fétides. Nous l’avons fait curer plusieurs fois et très peu de jours après le curage il se trouvait avoir jusqu’à 3o centimètres de hauteur de vase au-dessus de son radier, c’est un premier inconvénient de l’état de choses actuel.

Au delà de l’aqueduc de Saint-Mandé le fond du ruisseau a pendant quelques mètres une pente très rapide; mais cette pente, gaspillée pour ainsi dire, cesse bientôt, et on n’a plus qu’un écoulement de surface très imparfait jusqu'à la bonde. Aussi les eaux gonflent souvent au-dessus des levées, qu'elles traversent toujours par infiltrations, et elles forment des mares assez étendues dans cette partie du bois qui est maintenant plantée.

Enfin, après avoir traversé l’aqueduc qui est sous la levée du parc, et la route départementale n° 23 dont il reçoit une partie des eaux, le ruisseau arrive à grand peine au delà du clos de Bérulles. On suit encore sa trace jusqu’à la borne de repère n° 6 au chemin vicinal allant du clos des Dames à l’avenue de Bel- Air ; au delà, il reparaît encore en plusieurs endroits, mais il est coupé par les levées des différents chemins; il fait plusieurs détours suivant le caprice ou les intérêts des propriétaires du marais de Fécamp, qui l’utilisent en en faisant des limites de propriété.

Pendant l’été, les propriétaires de cette vallée ne se plaignent point des eaux du ru de Montreuil ; d’abord leur produit naturel est moindre, ensuite elles sont arrêtées et prodiguées pour ainsi dire par les propriétaires de Montreuil qui en arrosent leurs fraisiers. Mais en hiver ces eaux inondent souvent les riches marais de Fécamp, Picpus et Reuilly, les terres sont longtemps à se les infiltrer après en avoir notablement souffert.

A tel point qu’en 1817, l’inondation fut si considérable qu’on fut obligé de couper toutes les levées des chemins, tous les murs qui barraient l’écoulement à la Seine. Les eaux arrivèrent ainsi à l’aqueduc de la tannerie de M. Beaulieu. Il fut débouché à cette époque. On sentit alors la nécessité de régulariser cet écoulement : mais depuis, bien que les plaintes de quelques propriétaires aient été réitérées on n’y avait pas donné suite.

La vallée de Fécamp est un thalweg principal où viennent se rattacher quelques vallées secondaires : de ce nombre est la vallée de Picpus qui se termine à l’avenue de Saint-Mandé, dite avenue du Bel-Air. Cette avenue a un bas-fond où viennent se rendre quelques eaux de Paris. Ces eaux descendent la rue de Picpus, suivent

le fossé qui longe l’allée des Soupirs et traversent enfin la barrière de Saint-Mandé et le boulevard par un aqueduc qui débouche sur l’avenue. L’avenue, chemin assez fréquenté, est encombrée dans ce bas-fond d’eaux visqueuses, pestilentielles, qui compromettent gravement la salubrité publique. Pendant les opérations du nivellement, un cantonnier tenant une mire avait été placé dans une station où, pour aller à fond, les eaux avaient été légèrement remuées. L’asphyxie a été si prompte qu’il est tombé raide à terre; il a été plusieurs heures avant de reprendre connaissance et a conservé pendant quelques jours de violents maux de tête. Les habitants ont tellement ressenti ces fâcheux effets que plusieurs fois ils ont tenté de vive force de remblayer avec des terres la bouche de l’aqueduc, afin de refouler dans Paris des eaux que, disaient-ils, ils ne devaient pas recevoir. M. le Préfet de Police a récemment insisté pour qu’on avisât aux moyens de remédier à cet état de choses. Ce moyen se présente naturellement, dès qu'on se décide à construire une rigole dans la vallée de Fécamp. Le parti que j’ai pris a paru le meilleur à M. l’Ingénieur en chef des Égouts de Paris, M. Duleau, qui a fait avec moi une visite des lieux.

Tels sont les inconvénients de l’état de choses actuel : voici maintenantquelques développements sur le-s moyens que nous proposons pour y remédier. (Suit l'indication technique des Travaux à exécuter.)

N omenclature des dossiers concernant la question du Ru de Montreuil.

14 mars i83z. — Assainissement du Ru de Montreuil et des Vallées de Fécamp et de Picpus — G pièces.

27 février 1 83 5 à l'année 1842. — Assainissement du Ru de Montreuil — 20 pièces.

26 juin 1841-1842. — Commune de Saint-Mandé. Reconstruction d’un ponceau — 6 pièces.

3 avril 1842- 1843. — Assainissement de la partie comprise entre les jardins de Montreuil et la vanne de l'Etang aux cerfs dans le bois de Vincennes — 23 pièces.

Septembre 1847-1848. — Amélioration sur les territoires de Saint-Mandé et de Bercy — 4 pièces.

1848. — Amélioration dans le bois de Vincennes — 8 pièces.

1848. — Amélioration et reconstruction aux abords du chemin de Grande Communication n° 38, ancienne route n° 23 — 4 pièces.

i852. — Reconstruction de la rigole servant au passage du Ru de Montreuil sur le territoire de Saint-Mandé — 4 pièces.

i833-i854- — Reconstruction entre la limite de la commune de Vincennes et l’endroit, « dit le Bassin » — 6 pièces.

1854. — Commune de Vincennes. Prolongement du ponceau existant sous le chemin de grande communication n° 20 — ancienne route départementale n° 62 — 9 pièces.

i854-i855. — Commune de Vincennes. Reconstruction entre l’endroit dit « le Bassin » et le ponceau du chemin de grande communication n° 20, ancienne route n° 62 — 6 pièces.

1859- 1860. — Assainissement général. Construction d’un égout destiné à remplacer le ru de Montreuil dans la traversée du Parc de Vincennes — 9 pièces.

1860- 1869. — Commune de Saint-Mandé. Construction d'un égout en remplacement de ru de Montreuil, entre le lac de Saint-Mandé et les fortifications — .36 pièces.

1860-1864. — Assainissement général. Construction d’un égout pour l’amélioration du ru de Montreuil, entre le bassin en amont de la route départementale n° 62 et le chemin de fer de Vincennes — 9 pièces. Et transformation en égout couvert du ru de Montreuil, entre le chemin de grande communication n° 20 et le chemin de fer de Vincennes — 12 pièces.

1836-1870. — Affaires générales et diverses *.

1. Tous ces dossiers sont conservés dans le service des Egouts et assainissement du département de la Seine, arrondissement du Nord-Est. Bureau de Montreuil, Boulevard Jeanne-d’Arc n" 3g.

Page 1