Archives Nationales, S
Un pavillon de vue est construit au bord de la rivière, dans l’angle Est du mur de terrasse. La superficie des bâtiments est de 127 toises trois quarts; celle des jardins et cours de 5.g57 toises et demie 5 pouces, soit, en tout, 6.o85 toises un quart 5 pouces.
M. de Rohan-Chabot, duc de Rohan, Pair de France, propriétaire de ce logis, avait présenté aux Président et Conseillers, Trésoriers de France, et au grand Voyer de Paris, une requête tendant à faire construire deux pavillons aux deux côtés de la porte d’entrée de sa maison de Bercy, vis-àvis les Pères de la Doctrine chrétienne. L’ordonnance ci-après fut rendue le 12 décembre 1724 :
Le Roy étant en son Conseil a permis et permet au sieur Duc de Rohan de faire construire deux pavillons de six pieds de saillie chacun aux deux costés de sa maison située à Bercy, et de faire au droit de la dite porte une demie lune creuse, à la charge par luy de payer au Domaine de Sa Majesté une rente de cent sols par an à commencer du icr janvier 1725, Enjoint, Sa Majesté, aux officiers du Bureau des Finances de la Généralité de Paris, de tenir la main à l’exécution du présent arrêt sur lequel toutes lettres nécessaires seront expédiées *.
Tout nous permet de supposer que cette propriété du duc de Rohan devint, pendant la Révolution, le siège de l’entreprise assez peu définie, connue sous le nom de Buanderie de Bercy , et qui avait à sa tète un syndicat de banquiers parmi lesquels figure le citoyen Récamier, plus célèbre par la notoriété de sa femme que par ses opérations financières.
On lit, en effet, dans une lettre de ratification du 4 juillet 1793 que les nommés Alexandre-Henri Ledreux, bourgeois de Paris, y demeurant, rue Saint-Honoré ; Maux de Saint-Marc, négociant à Paris rue Neuve-Saint-Roch ; Dumas des Combes, négociant à Paris; Duparc, Principal-Commis
. Archives Nationales, Q1 1088.
de l’extraordinaire des guerres; Guesdon, Directeur général des comptes du Bureau des Dépenses de la guerre ; Hayet de Longpré, huissier-priseur ; et Récamier, banquier à Paris, étaient associés par commandite pour l’entreprise de la Buanderie de Bercy , dont les bâtiments se trouvaient rue de Bercy, vis-à-vis la chapelle de la Doctrine chrétienne. Ces bâtiments et leurs dépendances comprenaient 8 arpents de jardin avec arbres fruitiers, terrasses au bout, et tenaient d’un côté à la rue de Bercy et d’autre aux berges de la rivière, le tout moyennant le prix de 64.420 livres.
Le citoyen Jacob, entrepreneur de bâtiments à Paris, demeurant rue de la Huchette, racheta ensuite l’immeuble à ces derniers, le 23 mars iyg3 *.
Nous voici maintenant à la maison du notaire Le Chanteur, qui est la dernière bordant la rue de Bercy avant d’arriver à la rue de la Grange aux Merciers. Ce domaine ne s’étend pas jusqu’à la Seine : sa limite au Sud est à peu près à égale distance de la rue de Bercy et de la rivière, limite qui est formée par les propriétés de MM. Hallé, de Béthune et des frères Pàris. Le terrier indique qu’elle est occupée par le propriétaire et qu’elle se compose d’un corps de logis, salle de bain, cabinet, poulailler, remises, orangeries, écuries, vaste cour, le tout donnant sur la rue de Bercy où sont deux portes cochères numérotées 17 et 18.
La superficie des bâtiments est de 1 55 toises trois quarts 8 pouces; celle des cours et jardins, de 2.915 toises, soit, au total, 3.070 toises trois quarts 8 pouces. Sur la rue Grange aux Merciers se trouve une encoche dans cette propriété qui appartient à M. Hallé.