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MILITAIRE, DÉCÉDÉ LE 17 JUILLET I77O, AGÉ DE 86 ANS 3 MOIS ET 9 JOURS

Requiescat IN PAGE.

(Procès-verbal de la Commission du Vieux-Paris , du 27 juin 1901, p. 100.)

demande de dispense était même tout entière de la main du jeune Louis XV, écrite en des termes amphigouriques qui laissent supposer quelque mystère de famille dont il serait peut-être intéressant de connaître la trame :

Très Saint-Père, Les services importans que les sieurs Pâris nous rendent depuis longtems, leur application à nous les continuer, et les témoignages que nous recevons en toute occasion de leur désintéressement et de leur zèle, nous engagent à accorder à leurs instances la protection qu'ils nous ont fait demander auprès de Votre Sainteté pour obtenir d’elle la dispense qu'ils demandent pour le mariage de J. Pâris, l’un d’entre eux, avec sa nièce, fille d’Antoine Pâris, son frère, et nous nous prêtons d’autant plus volontiers à appuyer leurs insistances auprès de Votre Sainteté, que nous savons qu’ils ont des raisons de famille très fortes de désirer l’accomplissement de ce dessein, qui peut seul prévenir un grand dérangement dans leurs affaires domestiques, et même nous priver d’une partie essentielle des avantages que nous tirons des services que leur union les met en état de nous rendre avec plus de succès, nous attendons cette grâce de Votre Sainteté, et nous continuerons de demander à Dieu qu’il conserve longtemps au giron de son église un pape aussi digne de la gouverner.

Votre dévot fils, le roi de France et de Navarre. Louis l.

Nous devons dire que ce mariage fut pour nous l’explication d’une énigme dont, à première lecture, nous n’avions pu déchiffrer l’ambiguïté, en copiant une lettre de ratification de la vente du Pâté-Paris à Poisson, marquis de Marigny, frère de Mme de Pompadour, lettre de ratification que l’on trouvera à nos annexes 2.

On y lit, en effet, que Jean Pâris de Montmartel tenait ce domaine de Amédée-Victor-Joseph Pâris de Montmartel, son fils et petit-neveu. Cette formule de descendance, nous l’avouons, nous avait laissé quelque peu perplexe, comprenant difficilement comment, sans inceste, le fils de quelqu’un pou-

1. Histoire de Messieurs Pâris, par M. de L... (Luchet), ancien officier de Cavalerie, 1776, p. 74. BN. L n 27. 15758. (Une autre édition de la même année date cette lettre du 10 septembre 1721. Le marquis de Luchet ne désigne pas celui des trois frères qui épouse la fille du quatrième; il dit seulement qu’ils s’unirent pour demander au Roi d’écrire la lettre ci-dessus afin de faciliter le mariage de l’un d’entre eux avec sa nièce.)

vait être son petit-neveu? Notre embarras ne fut pas long, à la vérité, puisque peu après nous étions sur la trace du mariage en question. Tout s’expliquait alors très clairement : Jean Pâris ayant épousé sa nièce, l’enfant qu’il avait eu d’elle était bien son fils et son petit-neveu.

Et voici que J al , l’auteur du précieux Dictionnaire de biographie, va jeter, probablement sans le savoir, un jour particulier sur ce mariage, en nous apprenant que trois mois et vingt jours avant la lettre de Louis XV, l’oncle et la nièce avaient peut-être scellé le gage de leur amouren acceptant d’être le parrain et la marraine d’une enfant que ses royales amours devaient rendre à jamais célèbre : Mme de Pompadour.

Dans l’acte de baptême de la future marquise, retrouvé par Jal sur les registres de Saint-Eustache, on voit, en effet, que :

Le 3o décembre 1721 fut baptisée Jeanne-Antoinette Poisson, née d'hier, fille de François Poisson, écuyer de son A. R. Monseigneur le Duc d’Orléans, et de Louise Madelaine de La Motte son épouse, demeurant rue de Cléry. Le parrain, Jean Paris de Mont-Martel, écuyer, conseiller secrétaire du Roi, maison et Couronne de France et de ses finances; la marraine, damoiselle Antoinette-Justine Pâris, fille d’Antoine Pâris, écuyer, trésorier receveur général de la Province du Dauphiné. Signé : Pâris de Monmartel, Poisson, Antoinette-Justine Pâris. Saint- Eustache 1.

jean Pâris de Montmartel fut créé marquis de Brunoy par Louis XV ; on verra dans la lettre de ratification à laquelle nous avons fait allusion, qu’il devait perdre son épouse et nièce ainsi que son fils et petit-neveu.

Il avait épousé en secondes noces, le 17 février 1746, Marie-Armande de Béthune, née le 24 juillet 1709, dont il eut un fils unique : Armand- Louis-Joseph Pâris, appelé le marquis de Brunoy; né le 25 mars 1748, premier maître

1. Dictionnaire critique de biographie et d’histoire, par Jal.

d’hôtel du Roi, et marié le i5 juin 1767 à Mlle de Pérusse d’Escars Y

La Chenaye-Desbois n’a pas connu les circonstances du premier mariage de Jean Pàris de Montmartel avec sa nièce, puisqu’il ne parle que de ses secondes noces avec Mlle de Béthune.

D’autre part, la Biographie Universelle de Michaud commet également une erreur en affirmant que c’est Pàris-Duvernay qui épousa sa nièce.

Armand-Louis-Joseph Pàris était ce fameux marquis de Brunoy qui dilapida sa fortune dans les cérémonies religieuses, et à la suite desquelles il fut ruiné et interdit. On raconte qu’un peu avant son interdiction, il avait organisé une procession dont le coût s’éleva à la somme de 5oo.ooo livres. C’est encore lui qui, à l’occasion de la mort de son père, avait fait porter le deuil à tous les habitants du village où était situé son château, avait fait teindre en noir tous les animaux, entourer de crêpe les arbres et statues du parc, et noircir les eaux de la rivière en y déversant des tonnes d’encre.

Cette manifestation d’une douleur ostentatoire, digne d’un Sardanapale ou d’un Nabuchodonosor, si tant est qu’elle soit exacte, avait, on en conviendra, le mérite de n'ètre point banale.

Le marquis de Luchet a jadis écrit une histoire des frères Paris, composée d’après un manuscrit provenant de cette famille. On n’y trouve malheureusement rien de leur vie privée sauf la lettre citée plus haut, rien non plus de leur origine, de leurs habitations à Paris, à Bercy ou ailleurs. 11 n’y est guère question que d’opérations financières.

1. Dictionnaire de la Noblesse, de La Chenaye-Desbois et Badier. Édition 1869, t. XV, p. 473.

Voici ce qu’il dit concernant leurs noms :

La guerre qui se ralluma en 1701 employa avec succès leur ardeur pour le travail. Comme ils vont avoir des places différentes, et que les mêmes noms pourroient peut-être jeter de la confusion dans le récit, j’appellerai l’aîné Monsieur Pâris, le second, Monsieur Duverney, le dernier, Monsieur Montmartel.

Nous ne parlerons point du quatrième frère, il n’avoit que ces talens aussi nécessaires dans le cours des opérations que ceux qui les imaginent, mais qui trouvent difficilement leur place dans une histoire l.

Nous devons signaler que cet auteur n’a pas énuméré ses personnages d’après l’ordre chronologique des naissances adopté par les biographes.

On a vu plus haut que le 28 mai 1 7 1 1 , Charles-Henri de Malon avait vendu à Antoine Pâris et à Claude Pâris de la Montagne, la partie du parc de Bercy qui devint leur propriété.

Le Mémoire de M. de Bercy intitule le terrain cédé: « Fief du Vernay », sans d’ailleurs faire aucunement allusion à ce vocable dans l’énumération des terres de Bercy. Or, on sait que l’un des frères Pâris prit justement le nom de du Vernay ou Duvernay, sans que les biographes se soient très catégoriquement expliqués sur ce fait. Si Joseph Pâris du Vernay n’a réellement pas pris son nom du fief acquis, on conviendra qu’il y avait là une coïncidence qu’il était au moins intéressant de signaler.

Le 8 mars 1779, le Pâté- Paris, avec toutes ses dépendances, était acquis, après contrat passé devant Garnier Duchesne, notaire, par Abel-François Poisson, marquis de Ménars, de Marigny et de Vandières, directeur des bâtiments du Roi, demeurant à Paris place du Louvre. Toutes les circonstances de cette vente sont indiquées dans la lettre de ratification dont nous avons parlé plus haut \

1. Histoire de MM. de Pâris, par M. de L... (Luchet), ancien officier de Cavalerie. Paris, 1776, p. 8.

Poisson achetait l’immeuble à Françoise-Emilie de Perusse d’Escars, femme de Armand-Louis-Joseph Pâris de Montmartel, marquis de Brunoy, interdit. Il provenait de Jean Pâris de Montmartel, marquis de Brunoy, père de Armand-Louis- Joseph ci-dessus.

Jean Pâris de Montmartel le tenait lui-même de Amédée- Victor-Joseph Pâris de Montmartel, son fils et petit-neveu — ainsi que nous l'avons expliqué plus haut — lequel Amédée- Victor-Joseph en était possesseur comme étant le fils de Antoinette-Justine Pâris, décédée femme du dit Jean Pâris de Montmartel. Antoinette-Justine Pâris était héritière du domaine du fait de son père, Antoine Pâris, qui l’avait acquis avec Claude Pâris de La Montagne, de M. Malon de Bercy.

La vente en question est ainsi relatée dans une gazette à la main du temps :

Du 10 septembre 1778... Le charmant pavillon que le Crésus M. de Montmartel avoit pris plaisir à bâtir sur le bord de la Seine à Bercy, et appelé à cause de sa forme le Pâté, se vend, par les curateurs du marquis de Brunoy à M. le comte de Ménards, Poisson, frère et héritier de la marquise de Pompadour1.

Abel-François Poisson, né en 1725, marquis de Marigny, était, on le sait, le frère de Mme de Pompadour. Après lui avoir procuré une éducation artistique réelle, on ne saurait le nier, et à la suite de voyages en Italie, elle en lit, grâce à la signature de Louis XV, un directeur des bâtiments du Roi. Il se maria le 2 janvier 1767 avec Marie-Françoise-Julie-Constance Filleul, dans la chapelle de Ménars-le-Château dont il était marquis. Il mourut à l’âge de 56 ans dans son hôtel de la place des Victoires, le 11 mai 1781, et fut inhumé à Saint- Eustache.

i. Manuscrit intitulé : Galettes à la main 1778-79. Bibliothèque historique de la Ville. Cote 26.700.

Il est piquant de remarquer que la célèbre sœur de Marigny, Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, née le 3o octobre 1721, c'est-à-dire plus âgée de 4 ans que son frère Abel-François, eut justement pour parrain et marraine ceux dont ce dernier avait acheté la maison de plaisance de Bercy en 1779.

La marquise de Pompadour mourut elle-même à Versailles, le 14 avril 1764, 17 ans avant son frère, et fut inhumée à Paris dans l’église des Capucines de la place Vendôme.

Dans une seconde lettre de Ratification concernant le Pâté-Pâris, datée du 14 Pluviôse an IV, nous trouvons que le 29 octobre 1785 : le fondé de pouvoir de Jean-Baptiste Darnay ; Jeanne-Marie Darnay, veuve de Charles Binet-Labretonnière ; Simon Pichenier, receveur des tabacs à Troyes et Claude Bezançon, sa femme, de lui autorisée ; enfin Anne Lambert, femme en secondes noces de Jean Buisson interdit, curatrice à l’interdiction et spécialement autorisée, tous propriétaires en qualité de seuls héritiers, chacun pour un quart quant aux meubles et acquêts sous bénéfice d’inventaire, tous cousins germains paternels de Abel-François Poisson de Marigny, vendirent le domaine par actes de Fieffé, notaire à Paris, au prix de 76.200 livres, à Antoine-Jeaa-François Mégret de Sérilly, Trésorier-Payeur des dépenses de la Guerre.

Par jugement du 1" septembre 1789, rendu par les commissaires généraux du conseil nommé pour juger en dernier ressort les contestations concernant la discussion des biens dudit Mégret de Sérilly, Guillaumc-Élie Lefoullon, architecte puis expert à Paris, s’est rendu adjudicataire du domaine dont il s’agit. Par contrat devant Préau, notaire à Paris, du 5 Messidor an II, Lefoullon le vendit à Henry-François Coulon, tanneur, et à Angélique-Marie Lestrade, son épouse, y demeurant.

Le 14 Thermidor an III, le tanneur Coulon vendait, par contrat passé devant Godefroy notaire, r à Jean-Baptiste-Louis- François Delamare et à Julie-Louise-Françoise Délavai son épouse, demeurant à Paris rue Neuve-Eustache 28, 20 à Charles-Jean Certain, demeurant à Sceaux-1’ Unité, et 3° à Antoine-Jean Beaurain, demeurant rue Neuve-Eustache 28, à Paris, conjointement acquéreurs: « une maison dite le Pâté de Bercy , sise au Petit-Bercy, composée de différents bâtiments, corps de logis, cours, jardins, et autres appartenances et dépendances, ensemble les boiseries, matériaux et autres objets, moyennant le prix et somme de six cent vingt et un mille six cents livres, aux charges ordinaires 1 ».

Jusqu’à Mégret de Sérilly inclus, il y a lieu de penser que le domaine constitué par les frères Paris resta intact, c’est-à-dire qu’il conserva la partie principale située à l’Est de la rue Grange aux Merciers, et la partie des bassescours située à l’Ouest de cette rue. La disjonction de ces deux parties se fît lors de la vente à l’architecte Lefoullon, acquéreur en 178g, du Pâté seulement et de ses dépendances.

Une lettre de ratification, du 3 août 1789, nous apprend que Bonaventure-Simon-Nicolas Bosse, huissier-priseur à Paris, Vieille rue du Temple 176, fut adjudicataire d’une maison, dite la Basse-Cour du pavillon de Bercy avec cours, jardin, et dépendances, située de l’autre côté de la rue du dit lieu, et close de murs tant sur cette rue qu’aux deux bouts ; le tout donnant sur le chemin qui longe la rivière et consistant en plusieurs cours, bâtiments, rez-de-chaussée, écuries, remises, pompes, réservoirs, greniers, jardins, moyennant la somme de ii.25o li-

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