‹ BercyChapitre 24 sur 133 · Archives de la Seine. Lettre de ratification. L R. 4042c · texte numérisé non relu

Archives de la Seine. Lettre de ratification. L R. 4042c

2. Histoire anecdotique des barrières de Paris, par Alfred Delvau, i 865, p. 2o3.

CHATEAU DE BERCY. Les basses-cours et écuries de l’architecte de La Guépière. Côté nord-est, rue du Petit-Château, à Charenton.

J’ai l’honneur d'être avec un très sincère attachement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. Signé : Boucher, secrétaire de la Mairie.

Le mardi 2 janvier 1792 L

Le souvenir de la Grande-Pinte n’a pas complètement disparu de nos jours et il en existe encore une petite maison située rue de Charenton n° 3i6. C’est une modeste bâtisse d’un seul rez-de-chaussée, couverte de vieilles tuiles, précédée d’un jardinet minuscule, qui a pris l’alignement actuel de la rue de Charenton tandis que la maison est restée à celui de l’ancienne route de Paris. Cette construction est une sorte de ferme avec un vaste terrain derrière comprenant des étables et des écuries. On lit sur son enseigne : Grande Vacherie de la Grande Pinte , ce qui est un pieux souvenir local qu’il était intéressant de signaler. La Commission du Vieux Paris, en a fait prendre dernièrement une photographie pour le Musée Carnavalet.

A propos des limites de la Ville et des faubourgs de Paris dont il vient d’être question, nous nous exprimions de la façon suivante, dans la séance de la Commission du Vieux Paris, du i3 février 1902 :

Nous avons dit que l’ordonnance du 18 juillet 1724 avait eu pour but d’empêcher les constructions de s’étendre dans les faubourgs au détriment de l’intérieur de la Ville, dont beaucoup de terrains restaient en marais et en terre labourable :

« Nous estimons, dit le texte, qu’au point de grandeur où elle est parvenue, on ne saurait y souffrir de nouvel accroissement sans l’exposer à sa ruine. »

Cette ordonnance traça, non seulement les limites de la Ville proprement dite, mais encore détermina l’étendue que devraient avoir les faubourgs.

Dans l’enceinte de la Ville, on le sait, toute liberté était laissée pour la forme et la grandeur des édifices à construire, alors qu’en dehors, défense était faite d’édifier des maisons à porte cochère, réservant ainsi, pour l’intérieur de Paris, les logis luxueux et à portail d’apparat.

i. Archives Nationales. AF11 48 n° 376, f* 82. Papiers du Comité de Salut Public, Police.

En ce qui concerne la limite des faubourgs, le texte de l’ordonnance indiqua qu’ils seraient bornés chacun parla dernière maison « qui est construite du costé de la campagne ». 11 ajoutait, en son article 11, que des plaques de cuivre seraient installées au bout et au coin de la dernière maison de chaque rue, et que des plaques, marquées aux armes du Roi, devraient porter un numéro qui serait celui du procès-verbal d’apposition.

L’ordonnance du 29 janvier 1726 vint légèrement modifier celle de 1724; elle décida, entre autres choses, que, pour les limites des faubourgs, les prescriptions édictées « seront gravées sur des tables de pierre blanche au lieu de l’être sur des tables de cuivre ».

Cette opération du bornage des limites de Paris, en vertu des deux ordonnances de 1724 et de 1726, occasionna un travail considérable de paperasserie et de levés de plans :

« On a posé, dit le commissaire Delamare dans son Traité de la Police (t. IV, p. 405), deux cent quatre-vingt-quatorze bornes ou tables de pierre de liais, chacune de trois pieds et demi de long sur deux pieds et demi de haut, toutes incrustées, scellées et arrêtées avec crampons de fer dans les murs des maisons, souvent même dans des piliers de maçonnerie fait exprès. »

Cinq cas furent prévus pour l’apposition de ces plaques, ayant pour base la situation des rues et des maisons qu'elles devaient délimiter.

L’auteur que nous citons et qui est un contemporain dit positivement que, pour se reconnaître dans cette délimitation compliquée, on dut distinguer les bornes entre elles, et il ajoute : « C’est pour cela que nous en voyons de cinq espèces différentes. *

11 y eut : les plaques marquant les dernières maisons de l’enceinte intérieure de la ville;

Celles marquant les premières maisons des faubourgs du côté de la ville;

Celles marquant les dernières maisons des faubourgs dans les rues de traverse ;

Celles marquant les dernières maisons des paroisses des faubourgs et les premières maisons des paroisses de la campagne;

Celles, enfin, marquant les dernières maisons des faubourgs du côté de la campagne.

Sur le neuvième plan que Delamare demanda, pour le supplément de son ouvrage, à l’abbé Delagrive, se voit, marquée de fort ingénieuse façon par des signes différents, l’indication des tables de pierre apposées suivant les cinq cas que nous mentionnons plus haut.

L'Atlas de Jean Beausire, à la Bibliothèque Nationale, et le Terrier de 1724, aux Archives , donnent le texte et les emplacements des inscriptions apposées dans les territoires de l’agglomération de Bercy en vertu des ordonnances ci-dessus

mentionnées; l’intérêt qui s’attache à la fixation de ces points topographiques nous fait un devoir de les indiquer ici.

Dans le mur de terrasse de la maison de MM. Pàris, au coin de la rue Grange aux Merciers et en face du côté de la rivière était scellée l’inscription suivante :

Limites des faubourgs de la Ville de Paris du Règne de Louis XV De par le Roy

DeFKENSES EXPRESSES SONT FAITTES de BATIR DEPUIS LES PRÉSENTES BORNES ET LIMITES JUSQU’AU PLUS PROCHAIN VILLAGE AUX PEINES PORTÉES PAR LES DÉCLARATIONS DE SA MAJESTÉ DE 1724 ET 1726.

Deux bornes semblables étaient encore placées au chemin de Charenton, après la rue Grange aux Merciers où finissait le faubourg Saint-Antoine : la première, sur le mur longeant la dite rue du côté Sud, avant le parc Bercy, la seconde, en face et de l’autre côté du dit chemin.

Une seconde borne, de catégorie différente, était scellée sur la demeure de M. Le Chanteur dans la rue Grange aux Merciers, entre la rue de Bercy et la rivière, dernière maison de la paroisse de Sainte-Marguerite : « à neuf toises trois pieds en deçà de l’endroit où se termine la dite paroisse, la dite borne est marquée : P. STE MTE. »

En voici le texte :

Limites des faubourgs de la Ville de Paris Du RÈGNE DE LOUIS XV De par le Roy.

ICY EST LA DERNIÈRE MAISON DE LA PAROISSE DU FAUBOURG AU DELA DE LAQUELLE IL EST FAIT DEFFENSES DE [NE ?] BATIR QUE CONFORMÉMENT AUX DÉCLARATIONS DE SA MAJESTÉ DES ANNÉES I724, 1726 ET 1728.

Trois bornes semblables existaient également dans notre région : la première, sur le chemin le long de la rivière, scellée

contre le mur du clos de La Râpée ; la seconde, rue de Charenton, au coin de la rue des Marais ; la troisième, même rue, à l’encoignure de celle de la Grange aux Merciers.

Nous ajouterons que le texte des deux inscriptions reproduites ci-dessus est fourni par VA tlas de Jean Beausire, auquel nous laissons la responsabilité des fautes épigraphiques qui pourraient s’y trouver \

Dans une rue voisine de la région qui nous occupe mais n’entrant pas cependant dans le cadre de cet ouvrage : la rue Lamblardie, il existe encore une inscription dont nous avons longuement parlé dans le Procès-verbal de la Commission du Vieux Paris , du i3 février 1902, et dont le texte est le suivant :

Page 1