Archives Nationales. G
large, sur lesquelles seraient gravées en lettres d’or les défenses faites par sa Majesté de bâtir au delà des dites bornes. Elles devaient être posées aux lieux et endroits spécifiés, avec défenses à toutes personnes de bâtir au-delà sous peine de démolition des bâtiments, maisons et clôtures, confiscation des fonds et des matériaux, réunion des dits fonds au domaine du Roi, sans compter plus de trois mille livres d’amende pour chaque contrevenant, et du fouet contre les entrepreneurs et ouvriers.
L’enceinte de Paris devait comprendre trente-cinq bornes de cette nature. Dans la région qui nous occupe, elles étaient placées aux endroits suivants :
La dix-neufième sera posée à l’encoignure du mur du clos et jardin des Religieux de Picpus, sur la face de la Grande Ruë de Picpus, au bout qui regarde la vallée de Fescam. La vingtième sur un pilier de pierre de taille, posé dans une pièce de terre appartenant au sieur Boulanger sur le haut de la coste, au lieu appelé la Vallée de Fescam. La vingt-unième sur un pilier de pierre de taille, posé à l’encoignure des chemins de Charenton, et de celuy qui conduit à la Grange aux Merciers, devant le clos de Bercy. La vingt-deuxième sera posée à l’encoignure du mur de la maison du sieur Mynard, sur le chemin de Conflans, du costé d’Amont-l’eau, qui regarde la rivière de Seine 1.
Un plan fort curieux dessiné en 1708 à l’intention des Fermiers généraux par un fonctionnaire des Aides et Domaines montre les emplacements des barrières et bureaux d’entrées par lesquels il fallait passer pour pénétrer dans Paris et acquitter les droits dus à la ferme générale. Dans l’agglomération de Bercy, toutes les rues, voies et chemins conduisant à la capitale étaient particulièrement bien défendus et le réseau si bien fermé, qu’aucune fissure ne permettait d’y pénétrer sans passer devant les Commis. Le bord de la Seine était gardé par le Bureau de La Râpée , situé à l’angle de cette
1. Arrest du Conseil d'Élat du dix-huitième avril 1674. Paris, Prault, 1752. (Collection Georges Hartmann.)
propriété et d’une rue non dénommée sur ce plan. La rue de Bercy était fermée par la Barrière de Bercy , placée en face du domaine de Rambouillet et de la rue non identifiée cidessus. La rue ou route de Charenton ne livrait le passage qu’après avoir franchi la Barrière de Rambouillet , coupant la voie à hauteur de la rue du Bas-Reuilly, aujourd’hui Montgallet. Si l’on suivait la rue de Reuilly, on était arrêté par le Bureau de Reuilly , situé à l’autre extrémité de la rue du Bas- Reuilly dont il vient d’être question. Dans cette même rue de Reuilly, presque en face de celle du Bas-Reuilly, s’amorçait la rue de la Procession, aujourd’hui rue de Lamblardie, laquelle était également fermée par la Barrière de Reuilly. A l’extrémité de cette même rue de la Procession, et à son point de rencontre avec la rue de Picpus, existaient les deux barrières à l'entrée de Picpus , l’une coupant la rue de la Procession, l’autre la rue de Picpus. Enfin, plus à l’Est de cette dernière, en face d’une voie non dénommée, se trouvait la Barrière hors Picpus, ce qui faisait deux barrières pour la même voie, situées à peu de distance l’une de l’autre.
Etant donnés le but et la provenance de ce plan, on peut penser qu’il présente toute garantie d’exactitude au sujet de la place des barrières de la ville. Nous ajouterons qu’il est entouré des armoiries en couleur et des noms des Fermiers généraux du Roi, en 1708, et qu’il est surmonté de ceux des Intendants des Finances \
Le plan de Jean de La Caille, daté de 1714, indique également les mêmes barrières. On y lit que les Bureaux de
1. Plan général des Bureaux d' Entrées, Barrières de renvoy, Roulettes et Postes des Gardes de la Ville de Paris, dédié à Monseigneur des Marets, Conseiller ordinaire au Conseil Royal, Controleur Général des Finances, par Constantini, dit Octave, Controlleur général ambulant des Aides et Domaines du Roi, à Paris, 1708. Bibliothèque Nationale. Cartes et plans. B. 2389, t. V1U, planche 25.
Reuilly et de Picpus étaient spécialement destinés à recevoir : « les entrées des vins, pied fourché, domaines, barrages et poids le Roi ».
Le Bureau de La Râpée avait pour but : « de contrôler tous les bateaux qui arrivent par eau de tout le haut de Paris, et où se fait la recette des veaux qui arrivent par eau ».